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Arrivée en Turquie du premier ferry de migrants renvoyés de Grèce


Une femme porte un bébé au poste de la frontière grecque nord de Idomeni , le vendredi 4 Mars 2016. (AP Photo/Vadim Ghirda)

Une femme porte un bébé au poste de la frontière grecque nord de Idomeni , le vendredi 4 Mars 2016. (AP Photo/Vadim Ghirda)

Un premier ferry chargé de migrants clandestins renvoyés de Grèce dans le cadre de l'accord controversé signé entre l'Union européenne et la Turquie est arrivé lundi matin dans le port turc de Dikili (ouest), ont rapporté des journalistes de l'AFP

Parti de l'île grecque de Lesbos, le catamaran Nezli Jale a accosté à Dikili vers 09h20 locales (07h20 GMT) avec des dizaines de passagers à bord, pour l'essentiel originaires du Pakistan et du Bangladesh. Plusieurs centaines de migrants doivent arriver lundi dans les ports de Dikili et Cesme dans le cadre de cette première vague de réadmissions.

Trois bateaux turcs ont quitté lundi peu apres 04h00 GMT, les îles grecques de Lesbos et Chios, aux termes de l'accord conclu entre l'Union européenne et Ankara qui a été critiqué par les défenseurs des droits de l'Homme

Quelques personnes étaient venues manifester leur sympathie, mais l'opération s'est déroulée dans le calme.

A Chios, une autre île de la mer Egée face à la Turquie, un autre bateau turc est parti vers 05h00 GMT avec à bord un nombre non précisé de personnes. Quelques dizaines de militants et de sympathisants ont organisé une manifestation près du bateau, aux cris de "Liberté"

Il s'agit de la première vague de renvois de migrants vers la Turquie, acceptée par celle-ci dans le cadre d'un plan signé avec l'UE le 18 mars, et qui concerne tous les migrants entrés illégalement en Grèce depuis le 20 mars, soit environ 6.000, selon les calculs de l'AFP.

Le plan prévoit que pour chaque Syrien renvoyé, un autre sera admis dans l'UE, dans le cadre d'un plan limité à 72.000 places.

Un premier groupe de 35 Syriens devait ainsi arriver dès lundi à Hanovre, dans le nord de l'Allemagne. Une source gouvernementale allemande a évoqué par ailleurs l'arrivée lundi de quelques dizaines d'autres en France, en Finlande et au Portugal.

L'agence de presse grecque ANA avait annoncé dimanche que 750 migrants seraient renvoyés entre lundi et mercredi, à raison de 250 par jour, majoritairement Pakistanais, Sri-Lankais, et Africains.

"Nous avons dit aux autorités grecques que nous pouvions prendre 500 personnes (lundi) et elles nous ont donné 400 noms. Il est possible que le chiffre change demain", a indiqué à l'agence turque Anatolia le ministre turc de l'Intérieur, Efkan Ala.

Plus de 2.000 demandes d'asile déposées à Lesbos

La Turquie a commencé à préparer des centres d'accueil en face des îles de Lesbos et de Chios, et un camp de plus forte capacité à l'intérieur des terres.

L'UE a envoyé pour sa part des forces pour encadrer l'opération. La France a prévu 200 personnes, CRS (forces anti-émeutes), policiers et gendarmes.

Il semble que de nombreux migrants aient choisi de demander l'asile en dernière minute, l'accord prévoyant un examen individuel de chaque cas, et un appel en cas de refus des autorités d'accorder cet asile, ce qui donnait un répit avant les renvois.

Selon Boris Cheshirkov, le porte-parole du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) à Lesbos, "plus de 2.000 personnes ont annoncé leur souhait de demander l'asile et il faut mettre en place un processus crédible de la part des services d'asile grecs".

"Le HCR facilite ce processus (de demande d'asile en Grèce) dans les camps. Il facilite un processus qui aurait en fait dû être fait par la police et d'autres autorités (Frontex)", a de son côté affirmé Vassilis Balas, responsable du camp de Suda à Chios.

L'opération suscite une forte inquiétude des défenseurs des droits de l'Homme. Samedi, Peter Sutherland, conseiller spécial de l'ONU sur les migrations, a redouté des "expulsions collectives sans regard pour les droits individuels de ceux qui affirment être des réfugiés".

Le coordinateur grec pour cette question migratoire, Giorgos Kyritsis, a affirmé néanmoins à l'AFP que l'opération ne concernait "que des personnes qui n'ont pas demandé l'asile".

Amnesty International de son côté a accusé Ankara de forcer une centaine de Syriens par jour à rentrer dans leur pays, accusation rejetée par la Turquie.

L'accord enfin ne résout pas le problème des près de 50.000 autres migrants et réfugiés arrivés en Grèce avant le 20 mars et qui y stagnent depuis la fermeture de la route des Balkans.


Avec AFP

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