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Arrivée du Conseil de sécurité de l'ONU à Juba au Soudan du Sud


Le Président de la République du Soudan du Sud, Salva Kiir, attend le Secrétaire général de l'ONU à Juba, le 25 février 2016.

Le Président de la République du Soudan du Sud, Salva Kiir, attend le Secrétaire général de l'ONU à Juba, le 25 février 2016.

Les représentants du Conseil de sécurité de l'ONU sont arrivés vendredi à Juba, la capitale du Soudan du Sud, pour tenter notamment de convaincre le président Salva Kiir d'accepter le déploiement d'une force régionale, sous peine de sanctions.

Les représentants des 15 pays membres du Conseil ont atterri vendredi en fin d'après-midi et doivent s'entretenir durant le week-end avec le président Kiir, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Le Conseil de sécurité a également prévu d'aller à la rencontre de déplacés sud-soudanais qui ont fui les combats et se sont réfugiés dans des camps situés à Juba et dans la ville de Wau (centre-nord).

"Notre objectif, c'est la protection des civils, c'est la pacification du pays, la mise en oeuvre des différentes résolutions sur le Soudan du Sud", a déclaré à l'AFP Fodé Seck, ambassadeur du Sénégal à l'ONU, qui co-dirige la mission avec son homologue américaine Samantha Power.

Interrogé sur le déploiement d'une force régionale de "protection", forte de 4.000 Casques bleus supplémentaires et autorisée le 12 août par le Conseil de sécurité, M. Seck a déclaré: "Notre position est claire, comme le montre la résolution".

Cette force, qui doit être constituée de troupes africaines, est censée sécuriser Juba et, fort d'un mandat robuste, doit appuyer l'actuelle Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss, plus de 13.000 hommes), très critiquée pour son incapacité à protéger les civils en juillet, y compris des femmes et filles violées près d'une base onusienne.

Ces combats à l'arme lourde au coeur de la capitale entre le 8 et le 11 juillet ont opposé les troupes du président Salva Kiir et celles loyales à l'ex-chef rebelle Riek Machar, faisant plusieurs centaines de morts. Ils ont également mis en péril un fragile accord de paix signé en août 2015 pour tenter de mettre un terme à une guerre civile dévastatrice débutée fin 2013.

"Un des buts (de la visite) est de s'assurer que l'ensemble des parties a bien renoncé à l'illusion qu'il y a une solution militaire. C'est une question que nous pouvons nous poser au vu de la lenteur de la mise en place de l'accord de paix", a pour sa part relevé un diplomate membre de la délégation, sous couvert de l'anonymat.

Mais la tâche du Conseil de sécurité s'annonce compliquée: le gouvernement sud-soudanais est hostile au déploiement de cette force régionale, estimant que son mandat viole sa souveraineté nationale.

Le Conseil a menacé d'imposer un embargo sur les armes si Juba refuse le déploiement de la force de protection.

Avec AFP

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