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Arrestation du chef d’Ansaru : “Un gros coup pour l’armée nigériane”


Une image extraite le 24 décembre 2012 d'une vidéo diffusée par le groupe islamiste Ansaru, avec certains de ses hommes au visage caché posant avec des armes dans un lieu inconnu.

Une image extraite le 24 décembre 2012 d'une vidéo diffusée par le groupe islamiste Ansaru, avec certains de ses hommes au visage caché posant avec des armes dans un lieu inconnu.

La capture de Khalid al-Barnawi, chef du groupe islamiste Ansaru, démontre que la stratégie du président Muhammadu Buhari est en train de porter ses fruits, selon le Dr Hudu Abdullahi Ayuba, professeur de sciences politiques et relations internationales à l’université Ahmadu Bello dans le nord du Nigeria.

Khalid al-Barnawi était l'un des "terroristes" les plus recherchés par les Etats-Unis. En 2012, après la mort de Abubakar Adam Kambar, il prit les rênes d'Ansaru, groupe islamiste nigérian dissident de Boko Haram et lié à Al-Qaïda au Maghreb islamiste (AQMI).

Khalid al-Barnawi faisait-il le lien entre les groupes nigérians et ceux d'Afrique du Nord et du Moyen Orient ? Était-il donc un maillon fort dans la nébuleuse islamiste nigériane ? "Les services secrets nigérians n’ont pas d’informations concrètes sur cet homme-là. Son lien avec Boko Haram n’est que de l’à-peu-près pour l’heure. Après l’émergence de Boka Haram, il y a eu des spéculations selon lesquelles ses dirigeants avaient été formés au Mali ou à la frontière avec l’Algérie. Ce n’est pas clair", affirme professeur Hudu Abdullahi Ayuba dans un entretien téléphonique avec VOA Afrique.

Dr Hudu Abdullahi Ayuba, professeur de sciences politiques à l’université Ahmadu Bello

Dr Hudu Abdullahi Ayuba, professeur de sciences politiques à l’université Ahmadu Bello

Cette arrestation représente-t-elle un gros coup pour les forces de sécurité et de défense nigérianes contre le terrorisme au Nigeria ? "Oui, cette arrestation montre que [les groupes terroristes] sont en déroute. C’est vrai qu’il y a eu des spéculations sur la déchéance de l’armée nigériane. Ce n’était pas ça. C’était la décision politique qui empêchait les militaires de faire leur travail. C’est une armée forte qui a manqué les moyens au début mais qui a les moyens aujourd’hui. Et maintenant on voit les résultats", indique professeur Ayuba.

C’est une stratégie qui paye. Actuellement au nord, il y a un calme. Les gens sont rassurés. Les incursions de Boko Haram sont limitées.

Ce coup de filet est-il donc le fruit de la nouvelle stratégie dans la lutte contre les groupes terroristes, mise en place par le Nigeria depuis l’arrivée au pouvoir de Muhammadu Buhari comme président ? "Tout à fait. C’est une stratégie qui paye. Actuellement au nord, il y a un calme. Les gens sont rassurés. Les incursions de Boko Haram sont limitées. Le chef d’État-major s’est installé à Maiduguri. Il y a une coopération entre les différentes agences de sécurité dont les services secrets, la police et l’armée. Même par rapport aux voisins du Nigeria, soit le Niger, Tchad et Cameroun, il y a une coopération qui s’est mise en place. Il y a des progrès", conclut professeur Ayuba.

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