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Après les violences de ses hooligans durant l'Euro, la Russie veut rassurer avant le Mondial 2018


Des policiers français surveillent la tribune où sont assis les supporters de la Russie après des violences lors du match entre l’équipe russe et le Pays de Galles lors de l’Euro 2016, au Stade Municipal de Toulouse, France, 20 juin 2016. epa / RUNGROJ Y

Des policiers français surveillent la tribune où sont assis les supporters de la Russie après des violences lors du match entre l’équipe russe et le Pays de Galles lors de l’Euro 2016, au Stade Municipal de Toulouse, France, 20 juin 2016. epa / RUNGROJ Y

L'Euro 2016 est terminé et les regards se tournent déjà vers la Coupe du monde 2018 organisée en Russie. Un pays qui a plus fait parler de lui en France pour ses hooligans que pour ses résultats sur le terrain, mais qui veut aujourd'hui rassurer.

"Nous ferons tout pour que les équipes et les supporters se sentent bien et en sécurité", a assuré le ministre russe des Sports Vitali Moutko, qui possède aussi les casquettes de président de la Fédération russe de football (RFS) et du Comité d'organisation du Mondial-2018.

Pourtant, les critiques se sont abattues sur la Russie après les violences du 11 juin à Marseille en marge du match contre l'Angleterre, largement provoquées par des hooligans russes débarqués en nombre et qui avaient fait 35 blessés, quasi-exclusivement britanniques.

Alors que les policiers allemands avaient signalé 2.500 hooligans potentiels à surveiller, ou que les autorités anglaises avaient retiré le passeport de plus de 2.000 interdits de stade, les autorités russes n'avaient ainsi donné qu'une trentaine de noms de hooligans potentiellement dangereux à leur collègues français.

"Nous avons passé au cours des derniers mois une loi introduisant des peines plus sévères pour les fauteurs de trouble dans les stades", a cependant assuré M. Moutko la semaine dernière lors d'une conférence de presse aux côtés de la secrétaire générale de la Fifa, Fatma Samoura.

Avec plusieurs années de retard sur les autres pays européens, les députés russes ont voté une loi permettant d'interdire de stade les hooligans, entrée en application en novembre 2014.

Prison ferme

Le président russe Vladimir Poutine a même signé un amendement au terme duquel les noms des personnes interdites de stade seront publiés sur le site du ministère de l'Intérieur. Il a également rendu obligatoire la présentation d'une pièce d'identité pour assister à des matches.

Par ailleurs, la loi punit désormais les fans violents de peines de prison ferme pouvant aller jusqu'à sept ans, et jusqu'à huit ans s'ils sont arrêtés en possession de pétards ou fumigènes.

"Nous avons regardé et appris de l'Euro-2016", a pour sa part soutenu Fatma Samoura. "Ces leçons seront mises en pratique en Russie, mais aussi dans le futur pour d'autres événements où un risque existe".

Autre annonce visant à rassurer la Fifa, Vladimir Poutine a promulgué jeudi un décret officialisant la création d'un quartier général dédié à la sécurité de la Coupe du monde 2018, placé sous la responsabilité des services secrets russes (FSB).

Le 3 juillet, 14 pays européens, dont la Russie, ont signé une convention avec le Conseil de l'Europe visant à renforcer la coopération internationale et notamment à empêcher les hooligans de sortir de leur pays.

'Venez en Russie!'

Même le controversé président de l'Association des supporters russes Alexandre Chpryguine, expulsé deux fois de France durant l'Euro-2016 pour "troubles à l'ordre public", a salué cette signature. Elle montre "que la Russie suit les normes européennes en matière de prévention de la violence et des débordements", selon ses propos cités par l'agence de presse russe TASS.

"Les Anglais, les Français, les Polonais, venez en Russie! Nous voulons montrer que nous pouvons être un pays accueillant et sûr, que nous sommes des gens normaux", avait-il déclaré après sa deuxième expulsion de France, où il avait été arrêté pour "troubles à l'ordre public".

Le président russe a également promulgué une loi exemptant de visas pour la durée du tournoi (14 juin-15 juillet 2018) les visiteurs étrangers possédant un billet pour un match de la Coupe du monde.

Les supporters comme les autorités russes ont critiqué l'action de la police françaises, qui a selon eux trop tardé à intervenir lors des incidents de Marseille. Mais les forces anti-émeutes russes ont une tout autre réputation.

"Ca ne serait jamais arrivé en Russie", avait déclaré Alexandre Chpryguine à son retour de France. "Avec les supporters, ça sera plus facile" au Mondial-2018, prédit pour sa part le journal Sovietski Sport. "Les étrangers tapageurs y réfléchiront à deux fois avant de venir dans un pays où ils pourraient finir en Sibérie".

Avec AFP

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