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Après les séismes, les glissements de terrain menacent les Japonais


Les secouristes portent une victime de 93 ans du séisme, Yumiko Yamauchi, recouverte d'une feuille de plastique bleu, sur une civière au milieu des gravats d'une maison écroulée en Mashiki, dans la préfecture de Kumamoto, le sud du Japon, 16 avril 2016.

Les secouristes portent une victime de 93 ans du séisme, Yumiko Yamauchi, recouverte d'une feuille de plastique bleu, sur une civière au milieu des gravats d'une maison écroulée en Mashiki, dans la préfecture de Kumamoto, le sud du Japon, 16 avril 2016.

Les séismes, qui ont provoqué la mort de 41 personnes, ont entraîné des risques de nouveaux glissements de terrain.

Les secouristes étaient engagés dimanche dans une course contre la montre face aux risques de nouveaux glissements de terrain après une série de séismes dans le sud-ouest du Japon, qui va recevoir l'aide de l'aviation américaine.

Le premier tremblement de terre survenu jeudi soir et le second, plus puissant, qui avait frappé dans la nuit de vendredi à samedi, ont fait 41 morts. Onze personnes restaient officiellement portées disparues dimanche, avec la crainte qu'elles n'aient été enterrées vives sous les maisons effondrées ou les éboulements.

Près de 2.000 personnes ont également été blessées, dont 184 grièvement.

Dans la belle région montagneuse de Minami-Aso, où des torrents de boue ont tout emporté sur leur passage, des dizaines de sauveteurs munis de pelles fouillaient les décombres, sous le soleil revenu après d'abondantes pluies qui font redouter d'autres drames.

"J'ai entendu un grondement juste après le séisme, puis quelques minutes plus tard de l'eau a envahi la maison", a raconté Yoko Heta, 38 ans.

Son voisin est mort dans le drame avec son chien, tandis que sa femme demeurait introuvable.

Les Américains à la rescousse

Dans la ville voisine de Mashiki, très peu des maisons traditionnelles en bois aux élégants toits de tuiles sont restées intactes. Les survivants tentaient dimanche de s'organiser.

"Je dors dans une voiture et, dans la journée, je reste dans cette tente", confie Seiya Takamori, un plombier de 52 ans, en montrant son abri en bâches de plastique bleu.

"Dans la région, nous savions tous qu'une faille active se trouvait sous la ville mais personne ne s'en inquiétait vraiment".

Masanori Masuda, 59 ans, qui a également bâti un logement de fortune, explique que beaucoup de maisons restées dans un état correct après le premier tremblement de terre ont reçu le coup de grâce avec le second.

Au total, plus de 90.000 personnes ont été évacuées, dont 300 d'une zone proche d'un barrage qui menaçait de rompre.

"Je suis tellement heureux que nous soyons en vie. C'est tout ce qui compte", lâche Kenji Shiroshita, 48 ans, tout en faisant la queue pour recevoir un peu d'eau et de riz. "Je ne m'attendais pas au second séisme, j'ai été complètement pris au dépourvu".

Les deux puissantes secousses ont déclenché de gigantesques glissements de terrain qui ont englouti des habitations, des routes et des voies de chemin de fer et même réduit à un tas de décombres des bâtiments modernes.

Des images aériennes montraient le pont d'un grand axe routier tombé sur une chaussée en contrebas, ses piliers littéralement fauchés.

Le gouvernement a envoyé 25.000 soldats, pompiers, médecins et autres sauveteurs dans les régions affectées. L'armée américaine a par ailleurs annoncé, dans un communiqué, "préparer un soutien aérien", en vertu de "l'alliance de longue date qui unit le Japon et les Etats-Unis".

Près de 400 répliques de séismes

"Nous sommes reconnaissants pour cette proposition", a réagi dimanche le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Près de 50.000 soldats américains sont stationnés au Japon.

Environ 400 répliques ont secoué ces derniers jours Kumamoto et d'autres points du centre de l'île de Kyushu, une région peu habituée aux tremblements de terre très fréquents dans d'autres parties de l'archipel nippon.

"Lorsque j'ai vu les images du désastre de Tohoku (le séisme de magnitude 9 en 2011 et le tsunami consécutif ayant provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima, dans le nord-est du Japon), j'avais l'impression de voir un film. Il faut vraiment le vivre pour se rendre compte à quel point il est terrifiant de se trouver dans un séisme", avoue M. Takamori.

Quelque 64.000 foyers étaient toujours privés d'électricité dimanche, selon la compagnie Kyushu Electric Power.

Aucune anomalie n'a été relevée dans la centrale nucléaire de Sendai (préfecture de Kagoshima) où se trouvent les deux seuls réacteurs du Japon en service, ni dans celles de Genkai et Ehime, également secouées, ont assuré les opérateurs.

Alors que plusieurs usines de la région étaient déjà à l'arrêt depuis vendredi (Honda, Sony), le géant automobile Toyota a annoncé dimanche la suspension par étapes d'une grande partie de la production de véhicules dans le pays à partir de lundi, "en raison d'une pénurie de pièces".

Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, l'archipel subit chaque année plus de 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre.

Les Japonais sont encore plus sensibles aux risques depuis la catastrophe de mars 2011, qui avait tué quelque 18.500 personnes.

Avec AFP

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