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Après les bombardements, Moscou passe à l'offensive diplomatique en Syrie


Vladimir Poutine (à droite) en compagnie de Bachar Al-Assad, lors une rencontre à Moscou le 20 Octobre 2015. Source: Reuters

Vladimir Poutine (à droite) en compagnie de Bachar Al-Assad, lors une rencontre à Moscou le 20 Octobre 2015. Source: Reuters

Moscou l'a affirmé à plusieurs reprises: après les opérations militaires doit venir le temps du "processus politique", autrement dit une négociation sur l'avenir politique du pays.

Le calendrier syrien semble s'accélérer après plus de quatre ans d'une guerre dévastatrice: en moins d'un mois, la Russie s'est lancée dans une campagne de soutien massif aux forces loyales au président syrien et a reçu ce dernier pour sa toute première sortie officielle hors de Syrie depuis le début du conflit. Il est désormais temps pour le Kremlin de passer à la phase suivante: le processus politique.

Vendredi, Vienne accueillera ainsi les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et américaine John Kerry, mais surtout le Saoudien Adel al-Jubeir et le Turc Feridun Sinirlioglu, représentants des pays les plus hostiles au maintien au pouvoir de Bachar al-Assad. En revanche, l'Iran, autre fidèle allié du régime de Damas, n'a pas été convié.

Moscou l'a affirmé à plusieurs reprises: après les opérations militaires doit venir le temps du "processus politique", autrement dit une négociation sur l'avenir politique du pays. La Russie insiste depuis le début sur la nécessité de maintenir Bachar al-Assad dans ses fonctions jusqu'à la fin d'une période de transition permettant l'émergence d'un nouveau pouvoir.

Mais dans cette négociation, il y a une ligne rouge pour la Russie. Selon un haut diplomate européen qui a assisté à des rencontres entre Vladimir Poutine et les Occidentaux, le président russe ne veut pas que son allié de longue date quitte le pouvoir dans le chaos et l'humiliation, subissant le même sort que Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi. Pour leur part, Occidentaux, Turcs et Arabes ont longtemps estimé que le départ d'Assad était le préalable à tout processus politique. Mais sur cette épineuse question, les lignes pourraient bouger et dans la capitale autrichienne, il s'agira pour Moscou de tenter de concilier les positions.

Cette réunion se tiendra trois jours à peine après une visite surprise de Bachar al-Assad au Kremlin. A Damas, le quotidien syrien Al-Watan, proche du pouvoir, a salué une "visite exceptionnelle" qui a consolidé l'alliance russo-syrienne et confirmé la "légitimité" de Bachar al-Assad. Mais cette rencontre, à laquelle le président syrien est venu seul, accompagné seulement d'un secrétaire chargé de prendre des notes, a laissé une autre impression: elle ressemblait plus à une convocation qu'une invitation.

Avec AFP

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