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Antonio Guterres, nouveau secrétaire général appelé à muscler l'ONU


Antonio Guterres, Minawao, le 25 mars 2015. (Moki Edwin Kindzeka/VOA News)

Antonio Guterres, Minawao, le 25 mars 2015. (Moki Edwin Kindzeka/VOA News)

Le Portugais Antonio Guterres succédera le 1er janvier au Sud-Coréen Ban Ki-moon au poste de secrétaire général de l'ONU, avec pour mission de muscler une institution affaiblie par les tensions entre grandes puissances et la multiplication des conflits dans le monde.

L'ex-Haut-commissaire de l'ONU aux réfugiés, qui vient d'affronter à ce titre la plus grave crise humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale, a été officiellement nommé jeudi par les 193 pays membres de l'ONU pour un mandat de cinq ans, après avoir reçu jeudi dernier la bénédiction unanime des 15 pays du Conseil de sécurité.

La nomination de l'ex-Premier ministre socialiste portugais, premier ex-chef de gouvernement à accéder à ce poste, a été saluée par un tonnerre d'applaudissements à l'ONU à New York.

Du président russe Vladimir Poutine au Français François Hollande en passant par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, tous l'ont assuré de leur soutien, assurant qu'il était "le meilleur" pour reprendre les rênes de l'ONU face à la guerre en Syrie ou la crise des réfugiés.

"Bienvenue au poste le plus impossible de la planète", l'a félicité l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Samantha Power.

Avec M. Guterres, l'ONU "a choisi un candidat apportant à la fois la tête et le coeur", a-t-elle ajouté, en espérant que l'unité qui a prévalu pour sa nomination "va se poursuivre".

M. Guterres, 67 ans, qui jongle parfaitement entre le français, l'anglais, l'espagnol et le portugais, s'est dit "pleinement conscient des défis" du poste.

Il a souhaité vouloir agir en "médiateur" et "honnête intermédiaire" pour "construire des ponts" entre des visions parfois "légitimement différentes".

Il a immédiatement appelé les grandes puissances à surmonter leurs divisions sur la Syrie, à l'approche de nouvelles discussions internationales sur ce conflit qui a fait plus de 300.000 morts et poussé des millions de Syriens hors de leur pays depuis 2011.

"Quelles que soient les divisions, il est plus important de s'unir" et "grand temps de se battre pour la paix", a déclaré M. Guterres à la presse après sa nomination.

Les Etats-Unis et la Russie, qui avaient suspendu leur dialogue sur ce conflit, ont annoncé mercredi deux réunions internationales avec des puissances arabes et européennes : la première samedi à Lausanne et la seconde dimanche à Londres.

Signe des tensions entre grandes puissances, le Conseil de sécurité se déchire depuis des mois sur le conflit syrien. Deux textes concurrents qui appelaient à stopper les hostilités, l'un proposé par la France et l'autre par la Russie, ont encore été rejetés samedi.

- Des attentes très fortes -

M. Guterres a également appelé à "combattre avec détermination" tant les "groupes terroristes et les extrémistes violents" que "l'expression du populisme et de la xénophobie", en estimant qu'ils "se renforcent mutuellement".

Le futur secrétaire général s'installera dans un premier temps avec son équipe de transition dans des bureaux provisoires en face du siège de l'ONU.

Mais les attentes sont déjà fortes pour qu'il reprenne l'initiative sur les grandes crises actuelles, comme les guerres en Syrie, au Yémen ou au Soudan du Sud. Attentes d'autant plus élevées que le discret Ban Ki-moon, secrétaire général depuis 10 ans, s'est souvent montré piètre communicateur, incapable d'actions fortes face aux grands conflits du moment, Syrie, Yémen ou Soudan du Sud.

"Tout le monde est très poli sur Ban mais soyons honnêtes... tout le monde sait qu'il n'a pas été un secrétaire général fort, ni sur le plan du leadership externe, ni pour les réformes internes", avait expliqué mercredi un diplomate du Conseil de sécurité sous couvert d'anonymat.

M. Guterres a été désigné après une campagne d'une transparence inédite pour le poste le plus prestigieux de la diplomatie mondiale. Des décennies durant, sa sélection était le fruit de tractations à huis clos entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni.

Le Portugais devra aussi redorer le blason des missions de maintien de la paix de l'ONU, dont plusieurs sont en difficulté. En Centrafrique notamment, où les Casques bleus ont été accusés d'agressions sexuelles sur des enfants, ou au Soudan du Sud plongé dans un sanglant chaos.

Il a aussi plaidé pendant sa campagne pour une réforme de l'ONU. Samantha Power a ainsi salué jeudi les mesures qu'il a mises en oeuvre au Haut-commissariat aux réfugiés pour redéployer des postes depuis le quartier général de l'organisation à Genève vers le terrain.

Avec AFP

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