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Massacre du 28 septembre 2009 à Conakry : HRW dénonce un « manque de volonté politique » dans les enquêtes


ກຸ່ມປົກປ້ອງສິດທິມະນຸດ Human Rignts Watch (HRW)

ກຸ່ມປົກປ້ອງສິດທິມະນຸດ Human Rignts Watch (HRW)

Trois ans après le massacre perpétré par les forces de sécurité guinéennes, les victimes attendent toujours que justice leur soit rendue, déplore Human Rights Watch dans un communiqué, soulignant que le gouvernement guinéen devrait renforcer son soutien vis-à-vis de l’enquête menée à l’échelle nationale.

Human Rights Watch a effectué une mission en Guinée en juin 2012 pour évaluer la progression de l’enquête nationale, ouverte en 2010, dont le rapport détaillé sortira prochainement.

Pour l’Ong basée à New York, les responsables des crimes commis le 28 septembre 2009, et les jours qui ont suivi, doivent être traduits en justice sans plus attendre.
En ce jour de septembre 2009, des centaines de membres des forces de sécurité avaient fait irruption dans un stade de Conakry, et ouvert le feu sur les dizaines de milliers de personnes, qui étaient rassemblées à l’occasion d’un meeting de l’opposition. En fin de journée, l’on comptait au moins 150 personnes mortes ou mourantes, et des dizaines de femmes avaient subi des violences sexuelles, dont des viols.

Au niveau national, des juges enquêtent depuis février 2010. Reconnaissant qu’ils ont fait de remarquables progrès, notamment en interrogeant plus de 200 victimes, Human Rights Watch signale que plus d’une centaine d’autres victimes attendent toujours de pouvoir faire leur déposition auprès des juges d’instructions. D’autre part, précise Elise Keppler, juriste senior au programme Justice Internationale de HRW, une enquête sur de possibles fosses communes doit encore être effectuée.

Des poursuites ont été engagées contre au moins sept personnes en lien avec les crimes, dont Moussa Tiégboro Camara, actuel secrétaire d’Etat en charge de la lutte anti-drogue, du grand banditisme et du terrorisme, et le colonel Abdoulaye Chérif Diaby, qui était ministre de la Santé de à l’époque des faits. Cependant, Moussa Tiégboro Camara n’a pas été démis de ses fonctions le temps de l’enquête, s’inquiète l’ONG des droits humains, rappelant que sa position lui permet d’intervenir dans les affaires criminelles, tandis que le collège des juges ne dispose que d’une protection limitée.

Quant à Moussa Dadis Camara, président à l’époque, et Claude Pivi, ministre de la Sécurité présidentielle au moment des faits et qui occupe toujours cette fonction, ils n’ont pas été interrogés jusqu’ici, rappelle Human Rights Watch.
En octobre 2009, la Guinée a été placée sous examen préliminaire par le Bureau du Procureur de la Cour Pénale Internationale, et la question d’une ouverture d’enquête de la CPI reste en suspens.

Pour Corinne Dufka de HRW, le gouvernement guinéen doit faire preuve de plus de « volonté politique » pour aider les juges guinéens dans cette enquête, dont le bon déroulement sera un gage de paix et de stabilité en Guinée et dans la région.
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