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Quatre opposants au président Dos Santos entament une grève de la faim


Les opposants Rosa Conde, Laurinda Gouveia, Luaty Beirão au tribunal, Luanda, Angola, 16 novembre 2015

Les opposants Rosa Conde, Laurinda Gouveia, Luaty Beirão au tribunal, Luanda, Angola, 16 novembre 2015

Le rappeur Luaty Beirao figure parmi les quatre opposants au président angolais qui ont entamé une grève de la faim pour protester contre la longueur de leur procès, qui dure depuis quatre semaines, a indiqué son épouse.

"Je suis très inquiète. Luaty a fini une première grève de la faim, il est fragilisé et maintenant il commence une nouvelle grève", a expliqué à l'AFP sa femme, Monica Beirao, alors que son mari a interrompu fin octobre une première grève de la faim de 36 jours.

"Il est très déterminé. C'est très difficile pour les prisonniers, ils ont été en cellule d'isolement pendant près de 100 jours et ils ne voyaient le ciel qu'une heure par jour", a-t-elle ajouté.

Ces quatre militants font partie des 17 opposants accusés de rébellion et de tentative de coup d'Etat arrêtés en juin dernier et qui sont jugés depuis près d'un mois à Luanda.

Les militants arrêtés sont tous membres du Mouvement révolutionnaire de l'Angola, demandant le départ du président Dos Santos, au pouvoir depuis 1979.

Le procès devait initialement durer cinq jours, mais plusieurs accusés n'ont toujours pas été entendus.

Dans une lettre ouverte adressée lundi au président Dos Santos, 14 d'entre eux s'étaient engagés à entamer une grève de la faim si les interrogatoires des 17 accusés n'étaient pas achevés avant la fin de la semaine.

"Maintenant nous avons hâte d'être condamnés tout en sachant que c'est injuste", avaient-ils écrit dans cette lettre pour dénoncer des violations de leur droit à un procès équitable.

"Dans un mois les vacances juridiques devraient commencer et se poursuivre jusqu'à mars. J'ai l'intime conviction que le procès va s'arrêter, tout est fait pour que ça s'éternise", a affirmé Monica Beirao.

Tous les accusés nient avoir voulu entreprendre un coup d'Etat et affirment mener "une lutte pacifique".

Ils risquent entre trois et 12 ans de prison.

Avec AFP

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