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Angola : l’opposition appelle à une manifestation de masse samedi


Angola.

Angola.

L’UNITA, le principal parti d'opposition, entend protester contre le meurtre de deux militants l'année dernière.

L’UNITA, le principal parti d'opposition, appelle à une manifestation de masse, samedi 23 novembre, pour protester contre le meurtre de deux militants l'année dernière.

L’affaire continue de défrayer la chronique, notamment depuis que Human Rights Watch accuse les forces gouvernementales d’être à l’ origine de ces crimes.
Human Right Watch (HRW) qui dit avoir obtenu, grâce à des fuites, des informations accusant les services de renseignement d’avoir tué ces deux militants qui se battaient notamment pour le paiement de prestations non versées aux anciens combattants.

Pour Leslie Lefkow, directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch, « ils ont été enlevés par les forces de renseignement de la police, ils ont été détenus, torturés ». Elle ajoute que « finalement, quelques jours après leur enlèvement, ils ont été tués et leurs corps ont été jetés ».

Le président angolais Eduardo dos Santos.

Le président angolais Eduardo dos Santos.

Le gouvernement n'a pas démenti ces allégations. Il a d’ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête et quatre fonctionnaires ont été arrêtés. La semaine dernière, le président a même révoqué le chef des renseignements.

Mais en dépit de ces mesures, l'Union pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), exige la démission du président Dos Santos. Le parti de ce dernier, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), accuse à son tour l'UNITA d'essayer de provoquer des troubles dans le pays.

Les deux partis se sont affrontés au cours d'une guerre civile qui a duré 27 ans et qui a pris fin en 2002. Les tensions politiques que rencontre aujourd’hui l'Angola remontent donc à plus de dix ans, du temps de la guerre. Certains experts soulignent qu’il n’y a pas eu de réconciliation, ce qui favoriserait l'intolérance politique et les divisions entre partis.

Cela fait deux ans que l’Angola est en ébullition. Le pays a connu une série de petites manifestations contre le président José Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 1979. Avec cette affaire de meurtres, l'opposition espère faire monter la pression d’un autre cran.

En prévision des manifestations de demain, HRW appelle les protestataires à garder leur calme et exhorte le gouvernement à faire preuve de retenue. Leslie Lefkow souligne l’importance du rôle que devrait jouer la communauté internationale, et ce, d’autant plus que le gouvernement semble vouloir améliorer son image.
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