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Interdiction d'une manifestation contre la fille du président en Angola


Le président angolais José Eduardo Dos Santos avec sa fille Isabel, en arrière-plan, Luanda, le 28 août 2012. epa /PAULO NOVAIS

Le président angolais José Eduardo Dos Santos avec sa fille Isabel, en arrière-plan, Luanda, le 28 août 2012. epa /PAULO NOVAIS

Les autorités angolaises ont interdit une manifestation prévue samedi par des opposants pour dénoncer la nomination de la fille du président José Eduardo Dos Santos, Isabel, à la tête de la compagnie pétrolière nationale, signalent les organisateurs.

"Nous avons été informés verbalement hier matin (jeudi) par le commandant de la police provinciale de Luanda, le commissaire José Sita, que la manifestation était interdite", a déclaré à l'AFP William Tonnet, juriste et directeur du journal d'opposition Folha 8.

Selon M. Tonnet, cette décision est motivée par la tenue, le même jour et au même endroit, d'une marche sur "le rôle de la femme religieuse dans la consolidation de la paix en Angola".

"Cette interdiction est anticonstitutionnelle", a affirmé M. Tonnet, estimant que les autorités angolaises n'avaient pas respecté le délai légal en cas d'annulation d'une manifestation.

Au pouvoir depuis 1979, M. Dos Santos a nommé en juin sa fille aînée Isabel à la tête de la Sonangol, la compagnie nationale du pays premier producteur d'or noir d'Afrique subsaharienne.

L'opposition a dénoncé cette décision assimilée à du "népotisme" et demandé son annulation devant la Cour suprême.

Pour le porte-parole du gouvernement, Manuel Rabelais, la manifestation que comptait organiser l'opposition visait à "faire pression" sur la justice. "Il faut attendre sereinement le prononcé de la Cour suprême", avait-il estimé le 16 novembre.

Lors d'une rare conférence de presse il y a deux semaines, Isabel Dos Santos, 43 ans, avait défendu sa nomination à la tête de la Sonangol au nom de son expérience dans les affaires.

Le magazine américain Forbes a fait de celle que les Angolais appellent la "princesse" la femme la plus riche d'Afrique et la huitième fortune du continent, avec un patrimoine estimé à 3,3 milliards de dollars.

Mme Dos Santos possède des parts dans plusieurs compagnies en Angola et au Portugal, notamment dans la banque et la téléphonie mobile. Elle est accusée par ses détracteurs d'avoir fait fortune grâce à la protection de son père, qui dirige l'Angola depuis 1979.

Son nom circule avec insistance pour assurer la succession politique de son père, qui a annoncé sa retraite pour 2018.

La Sonangol traverse une passe financière difficile, victime de la chute des cours de l'or noir engagée en 2014.

Extrêmement dépendant de l'or noir, dont il tire 70% de ses recettes fiscales, l'Angola est confronté à une grave crise économique.

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