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Angola : 18 jeunes opposants condamnés à deux mois de prison


Le rappeur Luaty Beirão, un des 15 détenus de Luanda dont les manifestants demandaient la libération.

Le rappeur Luaty Beirão, un des 15 détenus de Luanda dont les manifestants demandaient la libération.

Condamnés pour avoir illégalement distribué des tracts anti-gouvernement sur la voie publique, les 18 accusés pourront sortir de prison dès lundi à condition de payer une amende.

Les dix-huit jeunes opposants angolais arrêtés samedi dernier à Lobito (ouest) lors d'une manifestation de soutien à d'autres militants incarcérés depuis juin à Luanda ont été condamnés vendredi 6 novembre au soir à deux mois de prison pour avoir distribué des tracts anti-gouvernement, selon leur avocat.

Les dix-huit accusés peuvent néanmoins sortir de prison dès lundi à condition de payer une amende de 55260 kwanzas chacun (380 euros), selon Me David Mendes.

Les dix-huit jeunes opposants parmi lesquels figurent Sigilo Suburbano et Avisto Botha, deux rappeurs engagés et connus en Angola ont été condamnés pour avoir illégalement distribué des tracts anti-gouvernement sur la voie publique.

Ils ont cependant ont été acquittés de l'accusation de désobéissance civile, la cour estimant que leur rassemblement était légal.

"Si la manifestation est légale, alors la distribution de tracts doit l'être aussi", a regretté l'avocat des dix-huit militants.

"A la fin de son jugement, le juge a conseillé à mes clients de ne plus faire ce genre de manifestation, ce qui pour nous est absurde. Le juge a pris une décision politique" a-t-il ajouté.

Les militants avaient été arrêtés la semaine dernière à Lobito alors qu'ils s'étaient rassemblés pour protester contre la détention de quinze prisonniers à Luanda accusés de rébellion et de tentative de destitution du Président et incarcérés depuis juin.

Les jeunes opposants ont passé le week-end en prison, leur amende n'ayant pu être réglée vendredi soir, dans la foulée du jugement.

Ces manifestants, dont la plupart appartiennent au Mouvement révolutionnaire de l'Angola, demandent depuis quatre ans le départ du président Jose Eduardo Dos Santos qui est au pouvoir depuis 1979, mais également plus de justice et de liberté d'expression.

Ils souhaitent également que les quinze détenus de Luanda incluant le rappeur Luaty Beirao, qui a interrompu fin octobre une grève de la faim après 36 jours de jeûne, soient libérés.

L'Angola, deuxième producteur de pétrole d'Afrique, subit de plein fouet la crise pétrolière qui aggrave encore les conditions de vie de la population. Plus d'un tiers (36,6%) des Angolais vivent sous le seuil de pauvreté, selon le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

AFP

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