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Amnesty International épingle l'Afrique du Sud pour ne pas avoir arrêté Omar el-Béchir


Omar el-Béchir au palais présidentiel de Khartoum.

Omar el-Béchir au palais présidentiel de Khartoum.

"Il y a quelque chose de vraiment anormal lorsque les défenseurs des droits de l'homme sont traités comme des criminels tandis que ceux poursuivis par la Cour pénale internationale sont traités comme des dignitaires", a dénoncé l'ONG.

L'ONG de défense des droits de l'Homme Amnesty International a critiqué mercredi l'Afrique du Sud pour ne pas avoir arrêté le président soudanais Omar el-Béchir, inculpé par la Cour Pénale Internationale (CPI), lorsqu'il était sur son sol en juin 2015.

"Il y a quelque chose de vraiment anormal lorsque les défenseurs des droits de l'homme sont traités comme des criminels tandis que ceux poursuivis par la Cour Pénale Internationale sont traités comme des dignitaires", dans une allusion au Zimbabwe notamment, déplore le rapport annuel sur l'Afrique australe publié mercredi à Johannesburg.

En juin 2015, alors qu'Omar el-Béchir participait en Afrique du Sud à un sommet de l'Union africaine (UA), un tribunal de Pretoria lui avait interdit de quitter le territoire, dans l'attente d'un jugement définitif. Mais le gouvernement sud-africain avait laissé le président soudanais reprendre son avion, qui plus est depuis une base militaire.

L'affaire est actuellement devant la justice sud-africaine.

Plusieurs pays comme la Namibie ou l'Afrique du Sud ont récemment indiqué qu'ils envisageaient de se retirer de la CPI, accusée de s'acharner sur les chefs d'Etats africains.

"Les pays africains font partie des pères fondateurs de la CPI. Leurs menaces de s'en retirer ne peut qu'affecter la justice pour les victimes. L'Afrique du Sud ne peut pas se permettre de trahir ces victimes", a indiqué Netsanet Belay, directeur de la recherche pour l'Afrique pour Amnesty, lors de la publication du rapport.

Amnesty International a également déploré les violations des droits de l'Homme dans la majorité des pays d'Afrique Australe et notamment au Zimbabwe.

"La liberté d'expression et d'association est toujours sévèrement réprimée au Zimbabwe. Et nous ne savons toujours pas ce qu'est devenu le militant pro-démocratie Itai Dzamara", a indiqué Muleya Mwananyanda, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique Australe.

M. Dzamara avait été enlevé le 8 mars en sortant d'un salon de coiffure, quelques jours après avoir tenu un discours à un meeting de l'opposition, et est porté disparu depuis.

L'ONG a aussi dénoncé la "forte augmentation des attaques contre les albinos" au Malawi, où leurs os sont utilisés pour des rituels magiques censés apporter richesse et pouvoir.

L'ONG a néanmoins salué certains progrès à Madagascar notamment où la peine de mort a été abolie en décembre 2014 et au Mozambique où l'avortement a été dépénalisé, en juin 2015.

AFP

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