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Congo-Brazza: Amnesty appelle à la libération "sans conditions" d'un opposant


Photo d’archives : Le président congolais Denis Sassou Nguesso à un bureau de vote à Brazzaville, le 25 octobre 2015.

Photo d’archives : Le président congolais Denis Sassou Nguesso à un bureau de vote à Brazzaville, le 25 octobre 2015.

L'ONG demande au gouvernement congolais de "libérer immédiatement" l'opposant Paulin Makaya, détenu depuis plus de deux mois. Pour le porte-parole du gouvernement, "Amnesty International [doit] demande[r] ce qu'il y a dans le dossier" plutôt que de publier des communiqués "partiaux".

Amnesty international a appelé lundi les autorités de Brazzaville à "libérer immédiatement et sans conditions" un opposant congolais détenu depuis plus de deux mois.

A l'approche de la présidentielle du 20 mars, l'organisation de défense des droits de l'Homme exhorte dans un communiqué le ministère public à abandonner "toutes les accusations" contre Paulin Makaya, président d'une petite formation d'opposition, "Unis pour le Congo" (UPC).

M. Makaya a été incarcéré fin novembre. Il est poursuivi pour avoir organisé et participé à une manifestation non autorisée le 20 octobre, ainsi que pour détention illégale d'armes de guerre et complicité d'incendie d'édifices publics.

Amnesty International estime que M. Makaya est un prisonnier "politique" et qu'il est poursuivi "simplement" pour avoir exercé "pacifiquement son droit à la liberté d'expression", un "des droits humains fondamentaux qui devraient être toujours respectés et protégés, particulièrement pendant les périodes électorales"

"Je m'inscris totalement en faux à la fois sur la description des faits par Amnesty International et sur le caractère pacifique de certains rassemblements précisément autour du 20 octobre", a déclaré à l'AFP Thierry Moungalla, porte-parole du gouvernement de Brazzaville.

"J'aimerais qu'Amnesty International se rapproche des autorités compétentes et demande ce qu'il y a dans le dossier" plutôt que de publier des communiqués "partiaux", a-t-il ajouté.

"Il me semble qu'un État organisé ne tolérerait pas qu'un individu chez qui on trouve des armes de guerre soit considéré comme un manifestant pacifique", a encore dit M. Moungalla, ministre de la Communication et des Médias.

Proche de feu Bernard Kolelas, éphémère Premier ministre pendant la guerre civile de 1997 avant le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso, M. Makaya a connu près de 17 ans d'exil avant de rentrer au Congo fin 2014.

Le président Sassou Nguesso a promulgué en novembre une nouvelle constitution lui permettant de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle du 20 mars.

La nouvelle loi fondamentale a été adoptée à l'issue d'un référendum tenu fin octobre et boycotté par la plupart des partis d'opposition. Dénonçant un "coup d'État constitutionnel", certains dirigeants avaient appelé la population à une "insurrection pacifique" dans les derniers jours de la campagne référendaire.

Les jours précédents le référendum ont été marqués par des violences meurtrières lors d'échauffourées entre forces de l'ordre et manifestants contre le pouvoir.

Avec AFP

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