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Amnesty accuse les raids russes en Syrie d'avoir tué "des centaines de civils"


A girl runs past damaged buildings in the rebel-controlled area of Maaret al-Numan town in Idlib province, Syria, Dec. 21, 2015.

A girl runs past damaged buildings in the rebel-controlled area of Maaret al-Numan town in Idlib province, Syria, Dec. 21, 2015.

Dans un rapport, Amnesty accuse la Russie d'avoir recours à "des bombes à sous-munitions" et des "bombes non guidées" contre "des zones d'habitation à forte densité de population".

Amnesty International a accusé mercredi la Russie d'avoir tué "des centaines de civils" et causé "des destructions massives" en Syrie dans des raids contre des zones d'habitation pouvant "constituer des crimes de guerre".

Dans un rapport, Amnesty accuse la Russie d'avoir recours à "des bombes à sous-munitions" et des "bombes non guidées" contre "des zones d'habitation à forte densité de population".

Moscou est engagée militairement en Syrie depuis fin septembre en soutien au régime du président Bachar al-Assad et affirme mener des raids aériens contre les "groupes terroristes", dont le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Mais les pays occidentaux et arabes accusent la Russie de frapper l'opposition modérée plutôt que l'EI.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que l'institution examinerait le rapport d'Amnesty avec le ministère de la Défense et "les autres structures compétentes".

Un responsable du ministère des Affaires étrangères a par ailleurs assuré n'avoir "aucun fait avéré" concernant des pertes civiles lors des frappes russes.

L'ONG basée à Londres évoque notamment dans son rapport six raids qui ont touché les provinces de Homs (centre), d'Idleb (nord-ouest) et d'Alep (nord) entre septembre et novembre 2015, et qui ont tué "au moins 200 civils et une dizaine de combattants".

"Certaines frappes aériennes russes semblent viser directement des civils ou des biens à caractère civil car elles touchent des zones d'habitation, où il n'y a pas de cible militaire évidente, et parfois des structures médicales, causant des morts et des blessés parmi les civils", a affirmé Philip Luther, directeur d'Amnesty pour le Moyen-Orient, dans un communiqué accompagnant le rapport.

"Crimes de guerre"

"Ces attaques peuvent constituer des crimes de guerre", a-t-il souligné.

Le communiqué affirme par ailleurs qu'"aucune cible militaire ni aucun combattant ne se trouvait dans l'environnement immédiat" des attaques, estimant que "ces raids ont pu porter atteinte au droit international humanitaire".

Dans l'une des principales attaques documentées par Amnesty, trois missiles ont été tirés sur un marché très animé dans le centre d'Ariha, dans la province d'Idleb, faisant 49 morts.

Dans une autre attaque, "au moins 46 civils, dont 32 enfants et 11 femmes qui s'étaient mis à l'abri dans le sous-sol d'un immeuble ont été tués le 15 octobre" dans le village d'al-Ghanto, dans la province de Homs.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a recensé de son côté entre fin septembre et le 21 décembre 2.132 personnes tuées dans des raids russes, dont 710 civils parmi lesquels 161 enfants et 104 femmes.

Le conflit en Syrie a fait plus de 250.000 morts et des millions de personnes déplacées depuis mars 2011.

L'organisation Human Rights Watch avait déjà dénoncé le 20 décembre l'utilisation croissante des bombes à sous-munitions depuis le début de l'engagement russe en Syrie.

Avec AFP

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