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Alpha Condé investi candidat pour la présidentielle


Alpha Condé, président de la Guinée

Alpha Condé, président de la Guinée

Son parti, le Rassemblement pour le peuple de Guinée (RPG), l’a officiellement investi au terme de trois jours de congrès à Conakry.

Candidat à sa succession, M. Condé, 77 ans, n'a pas souhaité "faire le bilan" de son mandat, dans son discours, estimant que cette mission revenait au peuple.

"Je suis venu communier avec vous. Communier avec ces femmes, ces jeunes" venus de différentes provinces du pays, a-t-il lancé, dans un discours entrecoupé de slogans de militants, en T-shirts jaune - couleur de son parti - à son effigie, scandant notamment: "Un coup, KO", pour une victoire au premier tour.

"Nous allons faire en sorte que l'entreprise privée en Guinée, à travers le partenariat public-privé, à travers l'association avec des partenaires étrangers, soit le véritable moteur du développement de la Guinée", a déclaré le président-candidat.

Alpha Condé, opposant à trois régimes dictatoriaux sur les quatre qui se sont succédés en Guinée, avait remporté la présidentielle de 2010 face à l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, avec 52,5% des voix au second tour.

Il est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française indépendante en 1958.

M. Diallo, son principal opposant, a été investi le 25 juillet comme porte-drapeau de sa formation, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), au prochain scrutin.

Il a scellé en juin une alliance électorale surprise avec l'ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara (2008-2009) qui a annoncé en mai son intention de se présenter à la présidentielle.

En exil au Burkina Faso depuis 2010, M. Camara a été inculpé le 8 juillet à Ouagadougou pour "complicité d'assassinats, séquestrations, viols, coups et blessures" pour le massacre d'au moins 157 opposants, dont de nombreux partisans de l'UFDG, le 28 septembre 2009 à Conakry. M. Diallo avait lui même été blessé lors de ces évènements.

Alpha Condé est désigné candidat au lendemain de la confirmation, par décret signé de sa main, de la date du 11 octobre pour le premier tour de la présidentielle.

En mars, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait annoncé un calendrier électoral prévoyant la tenue de la présidentielle en octobre - avec un premier tour le 11 octobre - et des élections locales en 2016.

- Caution doublée à deux mois de la présidentielle -

Ce calendrier a été contesté par l'opposition qui réclamait son inversion - la tenue des locales avant la présidentielle. Les opposants ont organisé en avril et mai des manifestations meurtrières à travers le pays.

En juin, un dialogue politique a regroupé gouvernement, majorité et opposition, qui se sont accordés sur l'annulation des locales. Mais de nouveaux blocages sont apparus, et les discussions sont suspendues depuis le 26 juin.

Le désaccord persiste entre le pouvoir et l'opposition sur une réforme de la commission électorale, un audit du fichier électoral et des changements dans les délégations spéciales, exécutifs communaux provisoires désignés par le pouvoir, faute de scrutin à cet échelon depuis 2005.

A deux mois du scrutin, la Céni a annoncé une série de mesures, sans explications, qui ne seront pas sans conséquences pour certains potentiels prétendants à la succession d'Alpha Condé: le montant de la caution exigée d'eux a été doublé et le plafond des dépenses de campagne multiplié presque par sept.

La caution pour la présidentielle passe ainsi à 800 millions de francs guinéens (GNF, près de 99.000 euros) alors qu'elle était de 400 millions GNF en 2010.

Le plafond des dépenses des dépenses pouvant être engagées en campagne est revu à la hausse, à 20 milliards GNF (plus de 2,4 millions d'euros) contre 3 milliards GNF (plus de 369.000 euros) en 2010.

La Guinée recèle d'immenses richesses minières, dont l'or, la bauxite et le fer, mais la majorité de la population vit dans la pauvreté.

Avec AFP

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