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Allemagne : le leader de Pegida jugé pour incitation à la haine


Lutz Bachmann, du groupe européen patriotique anti-immigration contre l'islamisation de l'Occident, lors d'une manifestation à Dresde, le 15 décembre 2014. (Reuters/Hannibal Hanschke)

Lutz Bachmann, du groupe européen patriotique anti-immigration contre l'islamisation de l'Occident, lors d'une manifestation à Dresde, le 15 décembre 2014. (Reuters/Hannibal Hanschke)

Le fondateur du mouvement anti-réfugiés et islamophobe Pegida va comparaître en avril et en mai pour "incitation à la haine" après avoir qualifié sur internet les réfugiés de "bétail" et de "racaille", a indiqué lundi le tribunal de Dresde (est de l'Allemagne).

Lutz Bachmann, 43 ans, va être jugé lors de trois audiences prévues les 19 avril, 3 mai et 10 mai, a indiqué dans un communiqué de presse le tribunal de cette ville berceau du mouvement des "Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident" (Pegida, en allemand).

La justice lui reproche des propos, postés sur sa page Facebook en septembre 2014, visant les "réfugiés de guerre" qu'il qualifie de "bétail" ou de "racaille".

Ces termes constituent "un trouble à l'ordre public" et une "atteinte à (leur) dignité", souligne le tribunal.

Ces propos remontent à début 2015 et Lutz Bachmann, déjà condamné à des peines de prison pour des braquages et des délits liés à la drogue, avait été inculpé en octobre dernier pour "incitation à la haine".

Pegida avait lancé à l'automne 2014 à Dresde ses rassemblements à un moment où l'Allemagne ne s'attendait à accueillir que 200.000 demandeurs d'asile pour 2014, très loin du million enregistré en 2015.

Après un pic dans le sillage des attentats contre Charlie Hebdo à Paris -- 25.000 personnes en janvier 2015 --, le mouvement a ensuite marqué le pas.

Et après un sursaut à l'automne dernier, Pegida est retourné à un relatif anonymat, peinant depuis à faire le plein à Dresde, ville d'ex-RDA et capitale de l'Etat régional de Saxe, théâtre de nombreux actes de violences visant des foyers de réfugiés.

L'ex-RDA est également une terre électorale de choix pour le parti populiste Alternative für Deutschland (Alternative pour l'Allemagne, AfD), qui surfe sur les peurs liées à l'afflux de migrants en Allemagne.

Dimanche, le parti a réussi à entrer dans trois nouveaux parlements régionaux, recueillant notamment 24% des voix en Saxe-Anhalt (est).

Avec AFP

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