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Allégations de viols par des Casques bleus : Washington veut plus de transparence


Des civils centrafricains discutent avec des militaires français de l'opération Sangaris à Bangui, 12 décembre 2013.

Des civils centrafricains discutent avec des militaires français de l'opération Sangaris à Bangui, 12 décembre 2013.

Les Etats-Unis ont réclamé mercredi davantage de transparence dans le scandale d'agressions sexuelles qui auraient été perpétrées par des Casques bleus des Nations unies en Centrafrique, exigeant notamment de connaître la nationalité des soldats mis en cause.

Cette admonestation de l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power coïncide avec de nouvelles accusations qu'a reçues la mission onusienne en Centrafrique (Minusca) contre des soldats de maintien de la paix qui auraient agressé sexuellement des femmes et des jeunes filles. Cela correspond également à l'audition mardi par la justice française de quatre militaires français sur des soupçons de viols d'enfants en RCA (République centrafricaine) en 2013 et 2014.

"Le plus grand défi à nos efforts pour éradiquer l'exploitation et les abus sexuels est peut-être le manque de transparence sur ces allégations", a tonné Mme Power qui témoignait devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington, faisant le point sur la contribution des Etats-Unis aux missions de maintien de la paix de l'ONU.

"Les Nations unies et les Etats membres devraient pouvoir connaître la nationalité des auteurs présumés des faits, l'état de l'enquête, le résultat des procédures disciplinaires ou juridictionnelles et des sanctions imposées par l'ONU", a détaillé la diplomate américaine, regrettant d'avoir "rarement accès à ce type d'informations".

Mme Power a dit "applaudir l'engagement du secrétaire général de l'ONU (Ban Ki-moon) de rendre publiques les nationalités d'individus contre lesquels pèsent des allégations crédibles d'exploitation et d'abus sexuels".

De fait, promettant une politique de "tolérance zéro", M. Ban avait dénoncé un "cancer dans (son) organisation" et annoncé qu'il "n'hésiterait pas à rapatrier des contingents entiers" de Casques bleus s'ils commettaient des exactions et que leurs pays d'origine ne les sanctionnaient pas. Il avait limogé en août le chef de la Minusca avant de geler les soldes de soldats impliqués dans des exactions.

"Nous avons été particulièrement scandalisés par des affaires flagrantes d'exploitation et d'abus sexuels en RCA", a souligné Mme Power.

Elle faisait référence à de nouvelles accusations reçues par la Minusca mi-novembre visant des Casques bleus servant en RCA sous pavillon de l'ONU -- peut-être des soldats de la République démocratique du Congo -- et qui auraient agressé sexuellement cinq femmes, dont des mineures et dont certaines seraient enceintes. A la mi-septembre, dix-sept cas d'accusations d'exploitation ou d'abus sexuels visant le personnel civil ou militaire de l'ONU en Centrafrique avaient été signalés à la Minusca.

Avec AFP

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