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Ali Bongo "prie pour la paix" le jour de la Tabaski au Gabon


Le président Ali Bongo Ondimba du Gabon, 10 novembre 2015.

Le président Ali Bongo Ondimba du Gabon, 10 novembre 2015.

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a participé lundi à la prière de la fête musulmane de la Tabaski (Aïd) à la grande mosquée Hassan II de Libreville, en pleine crise politique après l'élection présidentielle du 27 août, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le chef de l'Etat sortant est arrivé vers 09H30 (08H30) à bord d'une Mercedes bleu saphir rutilante, pour prier parmi des milliers d'autres fidèles, en ce jour de la "fête du mouton", assis sous les grandes voûtes ornées de mosaïques.

Installé en tailleur sur un coussin et vêtu d'un grand boubou blanc cousu de fils dorés, le président a écouté les yeux fermés le prêche de l'imam.

Catholique né "Alain Bernard Bongo", il s'est converti à l'islam durant sa jeunesse en 1973, quand son défunt père Omar a embrassé cette religion. Le Gabon est un pays très majoritairement chrétien, mais où vivent de nombreux musulmans d'Afrique de l'ouest et des pays voisins.

"Il est important pour nous de méditer sur la question de la foi, la profondeur de notre foi et à l'exemple du sacrifice d'Abraham, nous demander ce que nous sommes prêts à faire les uns pour les autres", a déclaré à la presse le président à la sortie de la mosquée, proche du palais présidentiel.

"Comme tous les musulmans du monde aujourd'hui nous prions pour la paix, la paix est le bien le plus important et c'est ce que j'ai fait, j'ai prié pour la paix", a-t-il ajouté.

L'imam de la mosquée, qui préside aussi le Conseil supérieur des Affaires islamiques du Gabon, a lui appelé au "dialogue" entre "tous les fils, toutes les filles" du pays.

"Ça va au-delà de acteurs politiques actuellement (...) La politique s'est invitée dans les quartiers, la politiques s'est invitée dans nos foyers, dans nos bureaux, au marché...", a précisé l'imam Ismaël Océni Ossa.

D'après plusieurs fidèles, la prière a cette fois rassemblé "beaucoup moins de monde" que les autres années. "Moi j'ai envoyé ma femme et mes enfants au pays, ils sont plus en sécurité, surtout que pendant les violences je suis resté cloîtré trois jours à la maison", explique Idriss, un chef d'entreprise sénégalais.

Pour Ibrahim, 35 ans, beaucoup n'ont pas osé venir à "cette mosquée parce que c'est là que le président est venu, ils ont peur que quelque chose (violences) se passe" et d'être pris à partie en tant que musulmans.

M. Bongo a remporté d'une courte tête la présidentielle face à son rival Jean Ping, qui s'est proclamé "président élu", et a contesté les résultats officiels, qui avaient déclenché la semaine dernière des émeutes meurtrières et des pillages massifs dans tout le pays, pourtant peu habitué aux violences.

Ave AFP

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