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Ali Bongo à l'offensive à la veille de la date limite de la saisie de la Cour constitutionnelle gabonaise


Le président gabonais Ali Bongo Ondimba quitte l'Élysée après une rencontre avec le président français, à Paris, 10 novembre 2015.

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba quitte l'Élysée après une rencontre avec le président français, à Paris, 10 novembre 2015.

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, dont l'annonce de la réélection est violemment contestée par l'opposition, a contre-attaqué mercredi en martelant que la saisie de la Cour constitutionnelle est l'unique solution envisageable de sortie de crise, à la veille de la date limite des recours devant une institution décriée par son rival Jean Ping.

Renvoyant dans les cordes les observateurs de l'Union européenne (UE) au scrutin à un tour du 27 août qui ont fait état mardi d'une "anomalie évidente" dans les résultats, M. Bongo a jugé que "certains (d'entre eux) ont outrepassé leur mission".

S'exprimant sur la radio française RTL, mais aussi sur RFI et Europe-1, le président sortant a également balayé d'un revers de la main toute possibilité d'un recomptage des voix bureau de vote par bureau, avant le contentieux électoral devant la Cour Constitutionnelle.

Ce recomptage est réclamé par l'opposition - qui affirme que la Cour est totalement inféodée à la présidence - mais aussi par la France, ancienne puissance coloniale.

M. Bongo a répété qu'une telle disposition n'était pas prévue par la loi électorale et relevait exclusivement d'une décision de la Cour. M. Ping n'avait pas annoncé mercredi matin s'il avait décidé ou non de saisir le tribunal. La date-butoir est jeudi 16H00 (15H00 GMT).

"Ce qu'on doit me demander, c'est de faire respecter les lois (...) Je ne peux pas violer la loi. En ce qui concerne le recomptage, ceci est prévu dans le cadre de la loi et se fait au niveau de la Cour constitutionnelle", a souligné M. Bongo.

Tacle pour l'opposition

"Mes adversaires le savent, ils ont fait voter cette loi. Et quand cette loi a été votée, je n'étais même pas au gouvernement alors que certains d'entre eux y étaient", a-t-il poursuivi. Il faisait référence à nombre de responsables de l'opposition, dont M. Ping, qui ont travaillé durant de longues années aux côtés de son père, Omar Bongo, décédé en 2009 après avoir dirigé le Gabon pendant 41 ans.

Il tacle d'ailleurs son rival à ce sujet: "ce n'est pas à 74 ans que M. Ping va commencer une carrière de démocrate qu'il n'a jamais été".

Il a également confirmé son intention de déposer des recours devant l'institution pour contester des résultats de M. Ping dans certains bureaux.

Pour la communauté internationale, l'attention se focalise sur la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo.

"Une analyse portant sur le nombre de non-votants et des bulletins blancs et nuls révèle une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué", avait indiqué mardi la chef de la mission d'observation de l'UE à l'élection, Mariya Gabriel.

Cette province, selon les résultats officiels provisoires, a enregistré un taux de participation de 99,93% et permis au président sortant d'être réélu d'une courte tête (5.594 voix d'avance) dans ce petit pays d'Afrique centrale comptant 1,8 million d'habitants.

L'annonce des résultats officiels provisoires du scrutin le 31 août a déclenché une vague d'émeutes meurtrières et des pillages massifs à Libreville et dans plusieurs villes de province.

Destructions 'très importantes'

"Le bilan matériel est très important. Nous sommes encore en train d'évaluer tout ce qu'il y a eu de pillé, de brûlé, de cassé. En ce qui concerne le bilan humain, nous déplorons trois décès et une centaine de blessés", indiqué le chef de l'Etat, reprenant le bilan du ministère de l'Intérieur.

L'AFP a recensé pour sa part sept morts, dont un policier. Il y a une confusion avec d'autres personnes qui sont mortes de mort naturelle ou dans des rixes mais pas du fait des forces de l'ordre, a expliqué en substance le ministre de l'Intérieur.

Une délégation de chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) est attendue d'ici jeudi à Libreville pour tenter de désamorcer la crise et éviter que le Gabon, jusque présent un des rares pays stables d'une région troublée, ne sombre à son tour dans le chaos.

Dans l'attente du dénouement de la crise, la vie tourne au ralenti, même si quelques titres de la presse - d'opposition comme proche du pouvoir - ont reparu jeudi, après plus d'une semaine de paralysie.

Avec AFP

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