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Al-Mourabitoune revendique le rapt de l'otage roumain enlevé au Burkina Faso


Un combattant du Mujao dans Gao, 16 juillet 2012

Un combattant du Mujao dans Gao, 16 juillet 2012

Le groupe djihadiste affirme détenir un Roumain enlevé au Burkina Faso en avril. Le message audio est signé de celui qui se présente comme le nouveau chef du groupe, rival de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, et diffusé par l'agence mauritanienne Al-Akhbar.

Disant parler au nom d'"Adnan Abou Walid Sahraoui, émir d'Al-Mourabitoune", l'auteur de cet enregistrement en arabe "appelle le gouvernement roumain à accorder une attention sérieuse aux négociations au sujet de la libération de l'otage détenu par le groupe".

"Le gouvernement roumain portera l'entière responsabilité du sort de l'otage s'il tarde à mettre à profit l'occasion qui lui est donnée de libérer son citoyen", ajoute-t-il, apparemment en allusion à l'absence de tractations avec Bucarest.

Le Roumain, officier de sécurité dans une mine de manganèse de Tambao, dans le nord du Burkina Faso, près de la frontière avec le Niger et le Mali, avait été enlevé le 4 avril par des hommes armés portant des turbans, un rapt qui n'avait fait jusqu'à présent l'objet d'aucune revendication jugée crédible.

L'enregistrement diffusé par Al-Akhbar, qui relaye régulièrement les revendications jihadistes, se conclut par une réitération de l'acte d'allégeance au groupe Etat islamique, proclamé la semaine dernière au nom d'Al-Mourabitoune par Adnan Abou Walid Sahraoui et aussitôt démenti dans un communiqué attribué à Mokhtar Belmokhtar.

"Le groupe dément son appartenance à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et tout lien organisationnel avec les frères de ce groupe, depuis sa fondation jusqu'à ce jour", assure-t-il.

Cette revendication apparaît donc comme un nouvel épisode de la lutte d'influence au sein d'Al-Mourabitoune, né en 2013 de la fusion du groupe de Mokhtar Belmokhtar et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), une des formations jihadistes du nord du Mali visées par l'opération française Serval, lancée en janvier 2013.

Dans le communiqué qui lui est attribué, Mokhtar Belmokhtar jugeait l'acte d'allégeance à l'EI et "au calife des musulmans Abou Baqr al-Baghdadi" nul et non avenu et réaffirmait la fidélité d'Al-Mourabitoune au chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri.

Les spécialistes de ces questions au sein de l'agence mauritanienne ont interprété ces déclarations contradictoires comme le signe de l'ascension d'Adnan Abou Walid Sahraoui dans la hiérarchie du groupe et de divisions qui pourraient le conduire à la scission.

Un expert mauritanien du jihadisme dans le Sahel, Isselmou Ould Salihi, lisait aussi dans la déclaration attribuée à Adnan Abou Walid Sahraoui, une "montée en puissance" de ce rival de Belmokhtar.

Adnan Abou Walid Sahraoui s'est plusieurs fois exprimé au nom du Mujao mais aussi d'Al-Mourabitoune, notamment pour revendiquer des enlèvements, attaques ou attentats suicides dans le nord du Mali.

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