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Afrique du Sud : quelque 750 familles expulsées du parc Kruger pendant l'apartheid, dédommagées


Des gardes du parc préparent un rhinocéros dardé avant de le transporter par camion vers une zone sûre, protégée des braconniers, près de Skukuza, au Parc national de Kruger, Afrique du Sud, 20 novembre 2014. (AP Photo / Denis Farrell)

Des gardes du parc préparent un rhinocéros dardé avant de le transporter par camion vers une zone sûre, protégée des braconniers, près de Skukuza, au Parc national de Kruger, Afrique du Sud, 20 novembre 2014. (AP Photo / Denis Farrell)

Le président Jacob Zuma a annoncé samedi que quelque 750 familles qui revendiquaient des terres du parc national sud-africain Kruger vont être dédommagées à hauteur de 4,7 millions d'euros.

La mesure destinée à "inverser l'héritage de l'apartheid.

"Nous sommes réunis (...) pour restaurer les droits de notre peuple qui a été dépossédé" de sa terre, a déclaré Jacob Zuma au Kruger (nord-est), le plus grand parc sud-africain, créé en 1926 et très prisé aujourd'hui des touristes pour ses safaris photos.

"Nous contribuons à renverser l'héritage de l'apartheid, en dédommageant six communautés (...) qui ont été dépossédées de leurs terres à cause des lois sévères de l'apartheid", le régime ségrégationniste sud-africain qui a officiellement pris fin en 1994, a ajouté le président.

"Nous accordons la somme globale de 84 millions de rands (4,7 millions d'euros) à six communautés (...) pour des terres d'une surface totale de 318.000 hectares", a-t-il annoncé, estimant qu'il s’agissait d'une "étape importante dans l'histoire de la restitution des terres" en Afrique du Sud.

Ces six communautés représentent un total de 757 familles, qui avaient été expulsées après 1930. Il s'agit du premier groupe de personnes à être indemnisées pour la confiscation de leurs terres au Kruger.

Le gouvernement a décidé de dédommager les familles plutôt que de leur rendre la terre, compte tenu du "statut du parc Kruger, un atout national et international, qui doit être conservé pour le bénéfice de toute la nation".

La question très sensible de la réforme agraire est l'un des points essentiels du débat sur la compensation des inégalités créées par l'apartheid, qui avait interdit à la majorité noire posséder des terres.

Depuis 1994, un total de 3,3 millions d'hectares de terre ont été réattribuées à 1,9 million de personnes, a précisé à l'AFP Nomfundo Ntloko-Gobodo, commissaire en charge des réclamations des terres au ministère de la Réforme agraire.

Le parti radical de gauche des Combattants pour la liberté économique (EFF), troisième formation politique du pays, réclame purement et simplement l'expropriation sans compensation des grands propriétaires terriens blancs pour redistribuer la terre aux fermiers noirs.

Nombre d'agriculteurs blancs craignent que l'Afrique du Sud ne suive la voie du Zimbabwe, où la réforme agraire et la saisie brutale des terres ont plongé le pays dans une crise économique sans précédent.

Avec AFP

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