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L'opposition tente d'empêcher le retrait de Pretoria de la CPI en Afrique du sud


Le ministre de la Justice sud-africain, Michael Masutha, parle à la presse à Pretoria, le 21 octobre 2016, après avoir annoncé le retrait de l'Afrique du sud de la CPI.

Le principal parti d'opposition sud-africain, l'Alliance démocratique (DA), a dénoncé devant la justice la décision du gouvernement de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), estimant qu'il avait "usurpé" les pouvoirs du Parlement.

Pretoria a annoncé en octobre son retrait de la CPI après la polémique causée par son refus d'arrêter en 2015 sur son sol le président soudanais Omar el-Béchir, poursuivi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

La DA a demandé lundi à la Haute Cour de Pretoria l'annulation de la décision de retrait, estimant que le gouvernement sud-africain avait court-circuité et "sapé l'autorité" du Parlement qui avait ratifié la décision de rejoindre la CPI en 1998.

"Seul le parlement peut décider du retrait de l'Afrique du Sud du traité", a affirmé l'avocat de la DA, Steven Budlender, devant le juge. "On assiste ici à l'usurpation des pouvoirs législatifs du Parlement", a-t-il ajouté.

"Nous remettons en cause la rationalité et la constitutionnalité de la décision du gouvernement sud-africain", a encore expliqué un haut responsable de la DA, James Selfie. "Nous estimons que la décision a été prise sans respecter la procédure (...) nous pensons que la justice doit l'invalider", a-t-il ajouté.

L'audience doit se poursuivre mardi.

Le retrait de Pretoria prendra effet en octobre 2017. La procédure stipule en effet que le départ de la CPI intervient un an après notification au Nations-unies. L'Afrique du Sud devrait devenir ainsi le premier pays à se retirer.

Le Burundi, la Gambie et la Russie ont aussi annoncé leur départ de la Cour, premier tribunal international permanent chargé de poursuivre les auteurs présumés de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Le Kenya et la Namibie ont également suggéré qu'ils pourraient se retirer, faisant écho aux critiques récurrentes faites à la CPI sur, selon ses détracteurs, son parti-pris anti-africain.

Depuis son entrée en fonction en 2003, la Cour, qui siège à La Haye, a ouvert dix enquêtes, dont neuf dans des pays africains.

En 2015, les autorités de Pretoria avait refusé d'arrêter le chef de l'Etat soudanais, alors présent en Afrique du Sud pour un sommet de l'Union africaine (UA). Elles s'étaient défendues en expliquant que M. Béchir était couvert par son immunité présidentielle.

Avec AFP

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