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Afrique du Sud : les charges contre Julius Malema tombent


Julius Malema, leader des "Combattants pour la liberté économique" (EFF)

Julius Malema, leader des "Combattants pour la liberté économique" (EFF)

Un juge sud-africain a décidé de mettre fin aux poursuites contre le leader des "Combattants pour la liberté économique" (EFF), Julius Malema. La raison évoquée : les trop nombreux reports de son procès ces trois dernières années.

La veille, le procès avait été une fois de plus renvoyé à mercredi.

"Pour le moment, ce dossier est clos et vous êtes libre", a déclaré le juge Billy Mothle à Julius Malema, au tribunal de Polokwane (nord).

"Depuis 2012, les accusés attendent d'être jugés. C'est un délai trop long pour n'importe qui et je ne veux pas prolonger leur supplice", a expliqué le magistrat.

Le procès, déjà repoussé de plusieurs mois en septembre, avait été de nouveau ajourné lundi à cause de l'hospitalisation d'un des co-accusés.

Mardi, le parquet a souhaité que les audiences puissent démarrer sans ce co-accusé ou qu'elles soient de nouveau repoussées, mais ces deux solutions ont été rejetées par le juge.

Julius Malema était accusé depuis trois ans de s'être personnellement enrichi lors d'un appel d'offres truqué d'un montant de 3,7 millions d'euros, pour l'entretien des routes de la province du Limpopo, dans le nord de l'Afrique du Sud.

Si M. Malema est libre de ses mouvements, l'Etat sud-africain peut décider de le poursuivre de nouveau, à condition de relancer une nouvelle procédure.

Le porte-parole du ministère public sud-africain, Luvuyo Mfaku n'a pas souhaité dévoiler si le parquet allait ou non relancer une procédure.

"Ce n'est pas à nous de dire si nous sommes déçus de cette décision. Mais nous voulons préciser qu'il ne s'agit pas d'un acquittement. Aucune décision n'a été prise concernant la suite. Je suppose que l'équipe du procureur va se réunir pour voir comment procéder" a-t-il expliqué à l'AFP.

"En tant qu'institution nous avons toujours été prêts à intenter une action en justice", dans cette affaire a-t-il ajouté.

"S'ils veulent rouvrir une procédure, qu'ils le fassent! Je n'ai pas peur d'eux", a lancé Julius Malema, rayonnant devant une foule de supporters, à la sortie du tribunal de Polokwane.

"Je sais qu'ils trouveront quelque chose de nouveau car ce sont des chiens" a-t-il ajouté en visant explicitement l'ANC, le parti au pouvoir dont il a été exclu en 2012, sans lien avec l'affaire.

Désormais "commandant en chef" des EFF, un parti de gauche radicale qu'il a fondé en 2013, Julius Malema, 34 ans, était accusé de corruption, racket et blanchiment dans cette affaire remontant à 2009.

L'acte d'accusation faisait état d'une pyramide de sociétés écrans associant M. Malema, comme actionnaire indirect, à l'entreprise qui avait été choisie à l'époque pour la réfection des routes du Limpopo, avant même la parution de l'appel d'offres.

Julius Malema pourra siéger sans entrave dès jeudi au Parlement aux côtés des 24 autres députés de son parti EFF, troisième force politique du pays, pour une séance de questions au président Jacob Zuma.

Depuis leur entrée au Parlement lors des dernières élections législatives de mai 2014, les députés EFF harcèlent le président sud-africain lors de chacune de ses apparitions en l'interrompant systématiquement pour lui demander quand il va rendre l'argent public dépensé pour la rénovation de sa résidence privée.

Avec AFP

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