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Affaire Hissène Habré : l’Union africaine doit prendre ses responsabilités, a déclaré l’avocat du Sénégal


L'ancien président tchadien Hissène Habré (Archives)

L'ancien président tchadien Hissène Habré (Archives)

La Cour de la CEDEAO a fait état « d’indices concordantes de probabilités de nature à porter atteinte aux droits de l’Homme de Monsieur Hissène Habré sur la base des réformes constitutionnelles et législatives opérées par l’Etat du Sénégal. »

Le verdict rendu jeudi par la Cour de la CEDEAO interdisant au Sénégal de juger l’ancien président tchadien Hissène Habré comme recommandé en juillet 2006 par l’Union Africaine suscite diverse réactions. Dakar doit abriter le 24 Novembre une réunion des donateurs prêts à financer le procès de M. Habré, qui vit en exil depuis 20 ans au Sénégal.

« La première mesure de nos autorités va être d’informer l’Union africaine et ses experts », a expliqué Me Sadel Ndiaye, avocat de l’Etat sénégalais auprès de la Cour de la CEDEAO. « La Cour veut montrer aux Etats africains que la protection au rabais des droits de l’Homme-là, c’est fini », a déclaré Me Ndiaye, ajoutant : « si les membres de l’Union africaine veulent protéger les droits de l’Homme, il faut qu’ils prennent leurs responsabilités. »

Des parlementaires sénégalais à l'oeuvre (Archives)

Des parlementaires sénégalais à l'oeuvre (Archives)

Pour sa part, Me Jacqueline Moudaina, avocate des victimes présumées d’Hissène Habré, dit qu’elle n’est pas surprise par la décision de la Cour de la CEDEAO. L’avocate s'interroge au sujet de ce qu’il adviendra de la réunion des bailleurs de fonds du 24 novembre prochain. « Est-ce que le Sénégal se prononcera en faveur de la création, très rapide, d’un tribunal pour juger Hissène Habré ? », s’est-elle demandé.

La Cour de la CEDEAO a fait état « d’indices concordantes de probabilités de nature à porter atteinte aux Droits de l’Homme de Monsieur Hissène Habré sur la base des réformes constitutionnelles et législatives opérées par l’Etat du Sénégal. » Elle somme le Sénégal de « se conformer au respect des Décisions rendues par ses Juridictions Nationales notamment au respect de l’autorité de la chose jugée. » Selon la Cour, le mandat reçu par le Sénégal de l’Union africaine « lui confère plutôt une mission de conception et de suggestion de toutes les modalités propres à poursuivre et faire juger dans le cadre stricte d’une procédure spéciale ad hoc à caractère international. »

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