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Côte d’Ivoire : Gbagbo demande le départ de l'ONUCI


Des barricades improvisées à Abidjan

Des barricades improvisées à Abidjan

Laurent Gbagbo, le président ivoirien sortant, a demandé le départ de la mission de l'ONU dans le pays, l'Onuci, et de la force militaire française Licorne, selon un communiqué de son gouvernement lu à la télévision d'Etat.

"Le président de la République de Côte d'Ivoire vient de demander le départ immédiat du territoire ivoirien de l'Onuci et des forces françaises qui la soutiennent", selon ce texte lu par la porte-parole du gouvernement Gbagbo, Jacqueline Oble.

"Cela implique que le gouvernement ivoirien s'oppose d'ores et déjà au renouvellement de cette opération qui prend fin le 20 décembre 2010"

Selon ce communiqué, "le gouvernement ivoirien considère que l'Onuci a largement failli à sa mission en posant des actes qui ne sont pas conformes à son mandat" d'impartialité, l'accusant d'avoir soutenu les forces ex-rebelles alliées au rival de M. Gbagbo, Alassane .

L'opération onusienne compte quelque 10.000 Casques bleus et la force Licorne d'environ 900 soldats français.

Les jeunes Patriotes, par la voix de leur numéro deux, Richard Dacoury, insistent : « nous sommes prêts a mourir pour défendre la Cote d’Ivoire. Si leu rêve est de faire partir Gbagbo, dites leurs qu’ils se trompent. Gbagbo ne partira jamais et qu’il sera bel et bien président ».

Mais les Nations Unies ne l'entendent pas de cette oreille.

Michel Bonnardeaux, porte-parole pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU, a expliqué à la VOA que « M.Gbagbo n’est plus le président ivoirien et n’a donc aucune légitimité pour lancer cet ultimatum. Seul le Conseil de sécurité est habilité à renouveler ou non les opérations de maintien de la paix ». Il se réunira d’ailleurs sur la situation en Cote d’Ivoire ce lundi 20 décembre.

Autre inquiétude des Nations Unies : la violation de l'embargo sur les armes.

Selon M.Bonnardeaux, « un hélicoptère d'attaque semble être mis au point pour un déploiement dans la ville d'Abidjan. C'est tout à fait inacceptable et constitue une menace d'escalade d'une situation qui est déjà dangereuse et volatile ».

Toujours retranches dans l’hôtel Golf à Abidjan, Alassane Ouattara et le gouvernement Soro semblent dans l’impasse malgré le soutien appuyé de la communauté internationale.

Afoussi Bamba, porte-parole des Forces Nouvelles, s’inquiète car « nous ne pouvons recevoir de la visite et sortir. Les stocks de nourriture arrivent à épuisement. Tout cela est fait dans le but de nous asphyxier ».

Selon elle, un départ définitif de l’ONUCI et de la force Licorne permettrait « aux Patriotes et aux miliciens de Gbagbo d’accéder a l’hôtel dans le but de nous attaquer. Les Forces Nouvelles n’accepteront jamais cela et nous nous défendrons ».

Selon Afoussi Bamba, il faut que « la communauté internationale aille jusqu’au bout de sa responsabilité en acceptant une action militaire de plus grande ampleur ».

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