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Afghanistan: au moins 17 personnes enlevées par des hommes armés


Au moins 17 membres de la minorité hazara qui circulaient sur une route du nord de l'Afghanistan ont été enlevés mercredi par des hommes armés, deux jours après un incident comparable, ont indiqué jeudi les autorités locales et l'ONU.

"Dix-sept passagers, des hommes pour la plupart, ont été enlevés hier" mercredi, a déclaré à l'AFP Zaher Wahdat, le gouverneur de la province de Sar-i-Pul. "Ce sont tous des civils. Ils ont été emmenés dans une zone reculée contrôlée par les talibans", a-t-il ajouté.

La mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) s'est émue de cet incident, précisant que tous les otages sont des hazaras, une minorité dont les individus sont reconnaissables à leurs traits centre-asiatiques.

"Prendre des civils en otage est inexcusable", a déclaré dans un communiqué Nicholas Haysom, le chef de l'Unama.

Contacté par l'AFP, Zabiullah Moudjahid, porte-parole des talibans, a dit "enquêter" sur cet incident.

Les hazaras, chiites dans leur immense majorité, ont souvent fait l'objet de persécutions, notamment à l'époque où les talibans, des sunnites, dirigeaient l'Afghanistan (1996-2001). Aujourd'hui, si leur sort s'est amélioré, ils sont toujours la cible d'enlèvements et d'assassinats, perpétrés principalement par des militants se réclamant de l'organisation Etat islamique (EI).

Les talibans assurent, eux, ne pas s'en prendre aux minorités religieuses et ne viser que les membres des forces de sécurité et les dépositaires de l'autorité de l'Etat.

Mardi, dans la province de Kunduz (Nord), les talibans ont exécuté au moins 10 passagers d'autocars qu'ils soupçonnaient d'appartenir aux forces de sécurité. Plusieurs dizaines d'autres voyageurs avaient ensuite été pris en otage puis relâchés après quelques heures. Mais selon les autorités, huit personnes étaient toujours en captivité jeudi.

Leur sort a ému jusqu'à Kaboul, où une manifestation anti-talibans a réuni environ 400 personnes jeudi matin, selon un journaliste de l'AFP.

"Ni les fonctionnaires, ni les simples citoyens ne peuvent sortir de chez eux. Les Afghans sont otages des talibans", s'est exclamé un manifestant, Sayed Mohammed.

Sous la houlette de leur nouveau chef, le mollah Haibatullah, les talibans semblent peu enclins à reprendre le chemin des négociations, interrompues depuis l'été dernier.

Pour preuve, outre les assassinats et les enlèvements commis à Kunduz, ils ont revendiqué une attaque contre un tribunal de Ghazni, au sud-ouest de Kaboul, mercredi. Au moins six personnes y ont péri.

Avec AFP

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