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Affaire Bassolé-Soro: une nouvelle expertise met en doute l'authenticité de l'enregistrement


Djibrill Bassolé à l'ONU le 28 septembre 2012. (AP Photo/Jason DeCrow)

Djibrill Bassolé à l'ONU le 28 septembre 2012. (AP Photo/Jason DeCrow)

Une expertise mettant en doute l'authenticité d'enregistrements téléphoniques qui empoisonnent depuis plusieurs mois les relations entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire a été remise à la justice burkinabè, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

Ces enregistrements d'une conversation attribuée à Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina, et Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale ivoirienne, laissaient entendre que ce dernier était impliqué mi-septembre dans la tentative de coup d'État contre le régime de transition burkinabè.

L'analyse demandée par l'avocat parisien de Djibrill Bassolé, Me William Bourdon, et réalisée par un expert français remet en question l'authenticité des seize minutes d'enregistrement.

"L'enregistrement fourni ne peut être présenté comme étant un enregistrement intègre", écrit l'expert dans ce document révélé par Le Monde et que l'AFP a pu consulter. Il évoque l'hypothèse d'"un montage" réalisé à partir de plusieurs conversations téléphoniques.

Djibrill Bassolé, homme clé du régime de Blaise Compaoré tombé en 2014, et Guillaume Soro ont nié avoir eu cette conversation, dénonçant une "manipulation".

"Depuis le départ, cette retranscription est la preuve cardinale sur laquelle s'appuie le Burkina dans ses accusations contre mon client", a déclaré à l'AFP Me William Bourdon.

"Non seulement elle n'a aucune valeur juridique car tout laisse à penser que c'est une écoute clandestine, mais il est désormais établi qu'elle n'est pas authentique. Toutes les charges s'écroulent", a-t-il ajouté.

Des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient pris le président burkinabè Michel Kafando et le gouvernement en otage le 16 septembre avant de proclamer le coup d'État le lendemain. La mobilisation populaire et celle de l'armée loyaliste avaient conduit à l'échec du putsch une semaine plus tard.

M. Bassolé a été interpellé à son domicile le 29 septembre. Il a été notamment inculpé de "haute trahison", "attentat à la sûreté de l'Etat" et "collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure".

La justice burkinabè a lancé le 8 janvier un mandat d'arrêt à l'encontre de Guillaume Soro, provoquant une crise diplomatique entre les deux pays voisins historiquement liés.

Roch Marc Christian Kaboré a été élu le 29 novembre président du Burkina Faso, mettant fin au régime de transition qui a suivi la chute en octobre 2014 du régime Compaoré.

Avec AFP

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