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Addis-Abeba: les dirigeants africains évoquent les problèmes de sécurité du continent


Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn (à g.) and Nkosazana Dlamini-Zuma à Addis-Abeba

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn (à g.) and Nkosazana Dlamini-Zuma à Addis-Abeba

Au lendemain des festivités marquant le cinquantenaire de l’Organisation de l’Unité Africaine/Union Africaine (OUA/UA), les dirigeants de la Région des Grands Lacs se sont rencontrés dimanche à Addis-Abeba, au sommet de l’UA, pour discuter des progrès faits vers le rétablissement de la paix en République démocratique du Congo (RDC).

Les questions sécuritaires sont au centre de ces débats, tout comme le cas de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président kenyan, Uhuru Kenyatta

Aussitôt terminées les célébrations, les dirigeants africains se sont penchés sur les conflits qui ravagent encore leur continent. C’est ainsi que les pays de la région des Grands Lacs se sont mis à évaluer la mise en œuvre de l’accord signé en février pour mettre fin à la violence dans l’est du Congo.

Cet accord avait été paraphé par 11 pays de la région, y compris par le Rwanda et l’Ouganda, accusés d’appuyer les rebelles congolais – ce qu’ils démentent.
A noter que les discussions d’Addis-Abeba font suite à la reprise des hostilités dans l’est de la RDC entre les rebelles du M23 et les FARDC, les troupes gouvernementales.

La présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a souligné que l’accord de février a surtout pour objectif l’amélioration des conditions de vie des gens de la région.

« Nous devons nous rappeler que toutes nos interventions ne visent qu’une chose: permettre aux populations des Grands Lacs de vivre en harmonie et pacifiquement, d’utiliser leurs richesses naturelles pour construire l’infrastructure et les services sociaux qui aideront à réaliser la prospérité pour tous », a-t-elle dit.

L’accord évoqué par Mme Dlamini-Zuma a ouvert la voie au déploiement d’une brigade d’intervention, composée de soldats tanzaniens, sud-africains et malawites, et intégrée à la MONUSCO, la mission de maintien de la paix de l’Onu au Congo.

Le secrétaire général des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon, s’est dit « profondément ému » par sa récente tournée dans la région, et s’est félicité du « bon début » que représente l’accord de février, tout en soulignant qu’il reste encore beaucoup à faire pour redonner espoir aux populations de l’est de la RDC. « Je crois que cet accord-cadre pourrait marquer un tournant, mais c’est le minimum que nous faisons. Je crois que nous devrions faire plus », a-t-il dit.

Les chefs d’Etat africains examinent également les recommandations du Conseil de sécurité et de paix de l’UA sur les conflits régionaux, y compris un accord de paix entre les deux Soudans. Ces pays doivent encore régler certaines questions litigieuses, suite à l’accession à l’indépendance du Soudan du Sud en 2011.

Autre point à l’ordre du jour : une proposition des ministres des affaires étrangères et du Conseil exécutif de l’UA demandant à la CPI de laisser les tribunaux kenyans se saisir de son cas contre le président Kenyatta. Ce dernier, et son vice-président William Ruto, sont accusés d’avoir fomenté la violence consécutive aux élections de 2007 au Kenya.

Beaucoup de dirigeants africains trouvent que la CPI cible injustement les Africains.
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