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Abbas promulgue le statut de Rome, fondateur de la Cour pénale internationale


Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a promulgué mercredi 20 accords internationaux (AFP)

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a promulgué mercredi 20 accords internationaux (AFP)

Cette initiative, qui a suscité la colère d'Israël et des Etats-Unis, devrait permettre à la CPI d'être compétente pour les crimes commis dans les territoires palestiniens.

REUTERS - Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a promulgué mercredi 20 accords internationaux, dont le statut de Rome, fondateur de la Cour pénale internationale (CPI), au lendemain de l'échec du projet de résolution de l'Onu réclamant le retrait israélien des territoires occupés d'ici 2017.

L'initiative de Mahmoud Abbas, qui a suscité la colère d'Israël et des Etats-Unis, devrait permettre à la CPI d'être compétente pour les crimes commis dans les territoires palestiniens ainsi que pour les faits qui pourraient être imputés aux dirigeants palestiniens et israéliens.

"Ils nous attaquent nous et notre territoire tous les jours; auprès de qui allons-nous nous plaindre ? Le Conseil de sécurité nous a laissé tomber : où pouvons-nous aller ?" a déclaré Mahmoud Abbas lors d'une réunion de dirigeants palestiniens qui était retransmise à la télévision.

Dans les mois qui ont mené à la tentative avortée de mardi à l'Onu, la Suède a reconnu l'Etat palestinien, tandis que les parlements français, britannique et irlandais ont voté des résolutions demandant à leurs gouvernements de faire de même.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné que la CPI pourrait également poursuivre des Palestiniens pour avoir soutenu le Hamas, qu'il a qualifié de groupe terroriste.

"Nous allons prendre des mesures en réponse et défendre les soldats israéliens", a-t-il dit dans un communiqué.

La dernière guerre entre le Hamas palestinien et Israël remonte à l'été dernier. Il a fait plus de 2.100 morts chez les Palestiniens et 73 morts côté israélien.

Les Etats-Unis ont fait part de leur préoccupation.

"C'est une mesure d'escalade qui ne permettra de réaliser aucune des avancées que la plupart des Palestiniens espèrent depuis longtemps en tant que peuple", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Jeff Rathke, dans un communiqué.

"Des actions de ce genre ne sont pas la réponse."

"UN SIGNAL CLAIR"

Parmi les autres accords entérinés par Mahmoud Abbas mercredi figurent des conventions contre les armements interdits, des textes concernant les droits politiques des femmes, la navigation ou encore l'environnement.

Les instruments de ratification des traités, qui devaient être présentés aux Nations unies mercredi, le seront à la fin de la semaine, a annoncé un conseiller juridique auprès de la mission palestinienne à l'Onu.

Le projet de résolution palestinien demandant la conclusion de négociations de paix dans un délai d'un an et un retrait israélien des territoires occupés avant la fin de 2017 a été rejeté sans surprise mardi par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Huit pays seulement, dont la France, se sont prononcés en faveur d'un texte que les Etats-Unis, de même que l'Australie, ont rejeté. Même s'il avait recueilli les neuf voix nécessaires à son adoption, le vote américain aurait bloqué la procédure en vertu du droit de veto de Washington au Conseil de sécurité.

Les dernières négociations de paix entre Israël et les Palestiniens, menée sous la médiation des Etats-Unis, ont échoué en avril dernier en raison des projets de colonies de peuplement d'Israël dans les territoires palestiniens, des termes d'un accord d'échange de prisonniers et de la décision de Mahmoud Abbas de signer d'une dizaine d'accords internationaux.

"Nous jouons les gentils, en ce qui concerne les négociations, depuis 1991, et, pendant de temps, la possibilité d'une solution à deux Etats est en train de s'effriter", a déclaré à Reuters Hanane Achraoui, une diplomate palestinienne.

Elle a précisé qu'il n'y avait pas de projet précis de la part des Palestiniens de porter plainte auprès de la CPI, mais que la décision annoncée mercredi par Mahmoud Abbas était "un signal clair à Israël et à la communauté internationale qu'Israël doit cesser ses crimes de guerre et notamment les colonies."

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