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A Strasbourg, le pape évoque l’égoïsme et la désillusion des européens


Le Pape François (à g.), conférant avec le président du parlement européen, Martin Schulz, à Strasbourg (AP)

Le Pape François (à g.), conférant avec le président du parlement européen, Martin Schulz, à Strasbourg (AP)

Devant le Parlement et le Conseil de l’Europe, le Pape François a salué l’élargissement des institutions européennes, mais a fait le constat de l’égoïsme et de la désillusion des peuples européens.

STRASBOURG (Reuters) - Le pape François a invité mardi les Européens à renouer avec leurs grands idéaux en accordant plus d’importance à la personne humaine qu'à l'économie afin de conjurer l'impression de "fatigue et de vieillissement" d’une Europe bureaucratique.

Le souverain pontife, qui s’exprimait à Strasbourg 26 ans après Jean-Paul II, a salué devant le Parlement et le Conseil de l’Europe l’élargissement des institutions européennes survenu depuis mais a fait le constat de l’égoïsme et de la désillusion qui semblent s’être emparés des peuples européens.

"D’un peu partout, on a une impression générale de fatigue et de vieillissement, d’une Europe grand-mère et non plus féconde et vivante. Les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive, en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions", a dit le pape argentin devant le Parlement européen.

"A cela s’ajoutent des styles de vie un peu égoïstes, caractérisés par une opulence désormais insoutenable et souvent indifférente au monde environnant, surtout aux plus pauvres."

Le pape, dont l’avion s’est posé peu avant dix heures sur l’aéroport de Strasbourg Entzheim, a été accueilli par Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ainsi que par Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, dont la présence a été annoncée au dernier moment. Le Vatican n'avait pas souhaité de représentation française à plus haut niveau pour marquer le caractère européen de cette visite.

François a rejoint le Parlement européen à bord d’une simple Peugeot 407, refusant un véhicule blindé haut de gamme qui aurait été incompatible avec un voeu de modestie auquel il doit d’avoir choisi le prénom de Saint-François d’Assise.

L’adresse du chef du Vatican intervenait six mois après des élections qui se sont soldées par une montée en puissance des partis populistes, xénophobes et eurosceptiques au Parlement européen, dans un contexte de doute suscité par la crise économique qui touche encore de nombreux pays.

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