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Biden somme la Russie de respecter les accords de paix et rendre la Crimée


Le président ukrainien, Petro Porochenko, à droite, serre la main du vice-président américain, Joe Biden lors d'une réunion à Kiev, en Ukraine, le lundi 7 décembre 2015. (AP Photo / Efrem Lukatsky)

Le président ukrainien, Petro Porochenko, à droite, serre la main du vice-président américain, Joe Biden lors d'une réunion à Kiev, en Ukraine, le lundi 7 décembre 2015. (AP Photo / Efrem Lukatsky)

Le vice-président américain a apporté à Kiev le soutien des Etats-Unis aux autorités face à "l'agression russe continue" tout en réclamant la lutte contre la corruption qui gangrène cette ex-république soviétique.

Principal responsable américain chargé du dossier ukrainien, M. Biden a sommé le Kremlin de respecter les accords de paix pour l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine et de rendre à Kiev la Crimée annexée en 2014 au moment où le conflit syrien et la menace jihadiste relèguent la crise ukrainienne au second plan.

"Les Etats-Unis sont aux côtés du peuple ukrainien face à l'agression russe continue", a lancé M. Biden au cours d'un point de presse conjoint avec le président ukrainien Petro Porochenko.

Les accords de paix de Minsk signés en février avec la médiation franco-allemande "ne réussiront pas si la Russie ne remplit pas ses engagements", a-t-il souligné.

Les accords de Minsk prévoient la reprise par l'Ukraine du contrôle de sa frontière avec la Russie, dont 20% (400 km) sont actuellement aux mains des séparatistes prorusses, ainsi que le retrait des soldats et des mercenaires étrangers.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles de l'est de l'Ukraine et d'y avoir déployé des troupes régulières. Moscou dément toute implication militaire dans ce conflit qui a fait plus de 8.000 morts depuis avril 2014.

Ce conflit a éclaté un mois après l'annexion de la Crimée par la Russie et que le vice-président américain a qualifié lundi de "territoire souverain de l'Ukraine dont Moscou doit "cesser l'occupation".

M. Biden a aussi pressé les Ukrainiens de mettre en oeuvre leur part des accords de paix, notamment d'adopter une réforme constitutionnelle donnant davantage d'autonomie aux territoires rebelles et à organiser des élections locales dans cette zone. Ces mesures provoquent des batailles rangées en Ukraine où elles sont considérées comme un moyen de légaliser de facto le séparatisme et de déstabiliser le reste du pays.

Malgré une accalmie relative sur le front de l'Est observée depuis septembre, "la guerre continue", a de son côté lancé le président ukrainien en faisant état de huit soldats blessés au cours des dernières 24 heures.

- 'cancer de la corruption' -

Plongée dans ce conflit dont le règlement semble loin, l'Ukraine craint de voir flancher le soutien de ses alliés occidentaux, dont certains cherchent à renouer le dialogue avec Moscou pour résoudre le conflit syrien.

Si M. Biden s'est employé à rassurer le gouvernement de Kiev que la crise ukrainienne n'était pas oubliée en Occident, il a déploré le manque d'efforts pour "éradiquer le cancer de la corruption" qui "freine depuis longtemps le développement du pays".

"Le peuple ukrainien ne peut pas voir encore une fois ses espoirs s'évaporer", a-t-il insisté.

Dans la matinée, le vice-président s'est rendu personnellement dans une rue du centre-ville où ont été tués la plupart des victimes de la répression du Maïdan, afin de leur rendre hommage.

Presque deux ans après les manifestations du Maïdan réprimées dans le sang qui s'étaient soldées par la fuite du président prorusse Viktor Ianoukovitch, jugé très corrompu, aucun succès tangible n'a été observé dans ce domaine, à la grande déception des Ukrainiens mais aussi des Occidentaux dont l'aide financière est cruciale pour Kiev.

Certains critiques, y compris dans le camp présidentiel, vont jusqu'à accuser M. Porochenko et son Premier ministre Arseni Iatseniouk de couvrir la corruption de leurs proches.

"La lassitude (des Occidentaux) face à la corruption ukrainienne atteint un niveau critique", a écrit jeudi dernier sur Facebook le député Serguiï Lechtchenko qui se trouvait alors à Washington annonçant une "douche froide pour les corrompus au pouvoir" lors du voyage de M. Biden.

Avec AFP

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