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Iran : le Guide suprême accuse la CIA et dit qu’il ne cédera pas à la pression


Alors que les mouvements de foule se poursuivent en Iran, le Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, a déclaré qu’il ne cédera pas à la pression. Il a également affirmé que la CIA était impliquée dans les contestations du scrutin qui a reconduit Mahmoud Ahmadinejad à la présidence.

Les manifestations continuent à Téhéran, mais sont violemment réprimées par les forces de l’ordre. Aux cris de « Mort à l’Amérique ! » et « Dieu est grand !», scandés par les partisans du régime iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei a déclaré qu’il ne cédera pas à la pression visant à réviser le résultat du scrutin controversé du 12 juin. Le chef suprême iranien a ordonné aux manifestants de mettre fin à leur mouvement. Céder à la pression serait « une violation des lois électorales et mènerait à une dictature », a-t-il expliqué. L’Ayatollah a précisé qu’il n’est pas aveugle face aux erreurs qui ont pu être commises, mais il croit que toutes les discussions et rencontres sur le sujet devraient être sereines et sincères.

Il avait accordé au Conseil des Gardiens de la Constitution un délai supplémentaire jusqu’au 24 juin pour traiter les plaintes de fraude électorale. Mardi, le Conseil a déclaré qu’il n’annulerait pas l’élection présidentielle car, selon lui, les irrégularités n’ont pas eu un réel impact sur le résultat. Les médias iraniens ont cité à ce sujet Mohsen Rezaie, l’un des candidats aux élections, qui a retiré sa plainte. Cependant, des témoins oculaires signalent que plusieurs partisans du candidat malheureux Mir Hossein Moussavi sont monté sur leurs toits pour crier « Allahu Akbar », l’un des slogans récurrents de sa campagne.

Une vidéo de la page Facebook de Moussavi montre des centaines de conducteurs actionnant leurs klaxons en signe de protestation contre le gouvernement ; des protestations que l’épouse de Moussavi encourage dans son appel à manifester. Elle a également demandé la libération des manifestants arrêtés.

Par ailleurs, le quotidien Asharq al Awsat et la chaîne de télévision Al Arabiya signalent des luttes dans les sphères du pouvoir iranien. Selon eux, l’ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani tenterait d’évincer l’Ayatollah Khamenei.

Toutefois, selon le professeur Fouad Ajami, de l’Institut Johns Hopkins ici aux Etats-Unis, « l’unité du pouvoir religieux est primordiale pour chacun d’entre eux et « Rafsanjani a assez de finesse pour comprendre qu’une fois la limite franchie, il n’y a pas de retour en arrière possible. » Le professeur Ajami ajoute que le président du parlement iranien, Ali Larijani, pourrait chercher à se positionner entre l'opposition et le président Ahmadinejad.

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