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Crise au Tchad : mise en garde de Paris aux rebelles ; Washington se dit préoccupé


Les Etats Unis jugent troublante la situation au Tchad, « la communauté internationale a beaucoup de travail à faire dans ce pays », a déclaré mardi la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.

De son côté, Paris a mis en garde les rebelles tchadiens contre toute agression, et n’a pas exclu une intervention dans le conflit si les forces rebelles continuent à menacer N’Djamena. « Si la France doit faire son devoir au Tchad, elle le fera », a déclaré hier le président français Nicolas Sarkozy. Une déclaration qui intervient au lendemain de l’adoption par l’ONU d’une résolution non contraignante dans laquelle l’organisation a condamné l’attaque rebelle et invité les Etats membres à apporter leur soutien au régime Déby. La France a environ 1 500 soldats stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier.

Sous la pression diplomatique, les principaux groupes armés qui ont mené ce week-end une offensive contre N’djamena, ont accepté le principe d’un cessez-le-feu. L’Union africaine avait désigné les présidents de la Libye, Mouammar Khadafi, et du Burkina Faso, Blaise Compaoré, comme médiateurs dans ce conflit. Par ailleurs, les rebelles ont accusé les forces françaises d’avoir occasionné des pertes au sein de la population civile, au cours des combats près de l’aéroport de N’Djamena. Des allégations démenties par le porte-parole de l’état-major des forces françaises, Christophe Prazuck.

Des dizaines de milliers de Tchadiens fuient la capitale

Sur le plan humanitaire la situation est alarmante : d’après les agences humanitaires, dont le Programme alimentaire mondial, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l’UNICEF, il est difficile d’estimer le nombre de Tchadiens qui franchissent la frontière avec le Cameroun. Mais d’après Xavier Medrano, représentant du bureau Centrafrique du Comité international de la Croix Rouge, au Cameroun, ils seraient entre 20 et 30 000. Ils dépasseraient les 50 000 au cours des prochains jours. Ces Tchadiens fuient N’djamena vers Kousseri, au Cameroun, à une quinzaine de kilomètres. Médecins sans frontières dit avoir pris en charge dans un hôpital de N’Djamena 70 personnes blessées au cours des combats du week-end. Mais des centaines d’autres blessés sont recensés. Toujours selon MSF, l’accès aux hôpitaux reste difficile les routes étant bloquées par l’afflux des personnes fuyant la capitale.



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