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Rapport sur les droits humains : Amnesty suggère que les États-Unis fassent des efforts


Dans son rapport annuel sur la situation des droits humains à travers le monde publié jeudi, Washington n'a pas ménagé pas ses critiques, fustigeant aussi bien l'Iran que la Chine ou l'Ethiopie. Mais certains militants en faveur des droits humains font valoir justement que Washington devrait faire des efforts dans ce domaine.

Les activistes ont évoqué les sévices qui auraient été infligés à des suspects dans le cadre de la guerre contre le terrorisme international. Pour T. Kumar, un responsable d'Amnesty International (AI) États-Unis, les mauvais traitements enregistrés au centre de détention de la base américaine de Guantanamo Bay à Cuba pourraient mener à des abus plus graves.

« La minute où les États-Unis se sentent à l'aise pour agir ainsi contre des étrangers, il ne faudra pas longtemps pour qu'ils commencent à traiter de la même façon leurs propres ressortissants » explique M. Kumar, qu'il s'agisse du « waterboarding », le simulacre de noyade, ou d'autres types de tortures, ou encore, de garder en détention sans procès pendant une longue, longue période – 7 à 8 ans dans certains cas - des détenus, ou de mener des procès non équitables.

En 2009, l'administration Obama a annoncé qu'une enquête serait menée sur les allégations selon lesquelles des agents du renseignement usaient de tactiques musclées lors d'interrogatoires sous l'administration de George W. Bush. Ce qui avait fait dire à l'ancien vice-président Dick Cheney en août, lors d'une interview à la télévision, que ces tactiques étaient une arme essentielle dans la lutte contre la terreur.

Autres sujets de préoccupation pour Amnesty International : le fait que les États-Unis soient à la traîne d'autres pays occidentaux en ce qui concerne la couverture santé, ainsi que la peine de mort, les Etats-Unis restant le seul pays occidental à la pratiquer. Personne ne devrait avoir le droit de prendre la vie d'un autre être humain, affirme M. Kumar.

Ce à quoi Michael Paranzino, de l'organisation en faveur de la peine de mort « Throw Away the Key » rétorque que les familles des victimes de meurtres ont besoin de pouvoir tourner la page. « C'est sur ce point là qu'à mon avis le débat doit être concentré, le mal durable fait aux familles entières quand des gens sont assassinés » explique M. Paranzino.

Le rapport du département d'Etat américain sur les droits humains ne comprend pas de chapitre sur les États-Unis, mais la condition de ces droits dans le pays fera l'objet d'un examen cet automne lors de la session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

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