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Nigéria : le président intérimaire nomme un nouveau conseiller à la Sécurité nationale


Le président intérimaire du Nigeria, Goodluck Jonathan, a nommé un nouveau conseiller à la Sécurité nationale suite aux dernières violences ethno-religieuses près de la ville de Jos, dans lesquelles des centaines de personnes sont mortes, y compris des femmes et des enfants.

Goodluck Jonathan a démis de ses fonctions le conseiller à la Sécurité nationale, Sarki Mukhtar, et l’a remplacé par le général à la retraite retraite Aliyu Gusau, qui occupait ce poste sous l’ancien président Olusegun Obasanjo. Le général Gusau, considéré comme candidat potentiel à la présidentielle de l’an prochain, était arrivé en seconde position derrière le président Umaru Yar’Adua aux primaires du parti au pouvoir.

La décision de Goodluck Jonathan de renvoyer un chef de la sécurité choisi par Umaru Yar’Adua témoigne une fois encore de sa volonté de renforcer sa position pendant que M. Yar’Adua est encore en convalescence, et que le Nigéria connait une recrudescence de troubles.

Des soldats patrouillent les villages près de la ville de Jos, suite aux nouvelles violences ethno-religieuses dimanche dans l’état de plateau, qui ont fait environ cinq cent morts, d’après les autorités de la région.

Selon des habitants de Dogo Nahawa, des éleveurs Fulani, musulmans pour la plupart, ont pris d’assaut leur village, à majorité chrétienne, très tôt dans la matinée, tirant en l’air pour faire sortir les gens de chez eux avant de les attaquer avec des machettes et des couteaux. Un nombre important des victimes sont des femmes et des enfants n’ayant pu distancer leurs agresseurs.

Des milliers de personnes ont perdu la vie durant la dernière décennie dans la région de Jos, situé entre le nord du Nigéria, principalement musulman, et le sud, dominé par les chrétiens. La zone en question était sous couvre-feu nocturne depuis janvier, après les violences inter religieuses à Jos qui ont fait 325 morts. Des civils quittent à présent ce secteur, tout en se demandant pourquoi leur village est resté sans protection.

Ces tueries sont « épouvantables », s’est insurgé le secrétaire général de l’ONU Ban ki-moon, exhortant les leaders politiques et religieux du Nigéria à travailler de concert afin de se pencher sur les causes sous-jacentes de la violence dans cette zone.

La secrétaire d’état américaine Hillary clinton considère quant à elle que les autorités nigérianes doivent poursuivre en justice les auteurs de ces violences, et l’ONG internationale Human Rights Watch estime que le président intérimaire Goodluck Jonathan doit s’assurer que les forces de sécurités soient en mesure de prévenir toutes attaques en représailles.

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