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Togo : Faure Gnassingbé déclaré vainqueur de la présidentielle, l’opposition crie à la fraude


La Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Togo a déclaré le président Faure Gnassingbé vainqueur de l’élection présidentielle du 4 mars. Le chef de l'Etat togolais est crédité de 60% du suffrage exprimé, soit 1,2 million de voix selon la CENI.

Le principal candidat de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, de l’Union des forces de changement (UFC), a recueilli, de son côté, quelque 700 000 voix, soit 1/3 du suffrage, a annoncé le président de la CENI, Issoufou Taffa Tabiou, samedi soir.

L’ancien premier ministre Yawovi Agboyibo, lui, a fini troisième avec moins de 3% des voix, a précisé la CENI, qui a fait état d’un taux de participation de plus de 64% des 3,2 millions de Togolais inscrits sur les listes électorales.

Les résultats seront transmis à Cour constitutionnelle dans un délai de huit jours et peuvent faire l’objet de recours.

Avant l’annonce des résultats, Jean-Pierre Fabre et plusieurs centaines de militants de l’opposition ont marché sur la Place de l’Indépendance, à Lomé. La police anti-émeute a fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser et a installé des barrières à des endroits stratégiques de la capitale togolaise.

Fabre a dénoncé des irrégularités dans le déroulement du scrutin, y compris, a-t-il dit, le bourrage des urnes. Le représentant de son parti à la CENI a démissionné samedi, dénonçant le manque de transparence du processus électoral.

Pour leur part, les observateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont d’avis que le vote a été libre et transparent. Par contre, ils ont exprimé des préoccupations concernant la fiabilité des résultats publiés par la CENI, étant donné la panne intervenue dans le système satellitaire de transmission des résultats des bureaux de vote.

Des observateurs militaires régionaux et plusieurs soldats des forces spéciales togolaises avaient été déployés pour assurer que le vote ait lieu dans le calme. On a encore en mémoire les violences postélectorales de 2005, qui avaient fait plus 400 morts au Togo selon l’ONU.

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