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Niger : des militaires renversent le président Tandja et prennent le pouvoir


Les soldats qui ont pris d’assaut le palais de la présidence nigérienne jeudi, emmenant avec eux le président Mamadou Tandja, disent avoir mis en place un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie.

Dans une déclaration radio-télévisée, le porte-parole de la junte, le colonel Goukoye Abdul Karimou, a annoncé la suspension de la Constitution et de toutes les institutions de la République et exhorté les Nigériens au calme. Il a aussi appelé la communauté internationale à soutenir le Niger permettre à la junte d'accomplir sa mission de rétablissement de la démocratie.

Tout a commencé jeudi après-midi, lorsque des tirs d’armes automatiques accompagnés d’explosions ont été entendus pendant une vingtaine de minutes aux alentours du palais de la présidence, à l’heure du conseil des ministres.

« Nous sommes pris, mais il y a une forte riposte », avait confié à la VOA Garba Lompo, ministre conseiller spécial à la présidence aux environs de 17 heures locales.

La junte dit avoir imposé un couvre-feu nocturne à Niamey, où des sources hospitalières font état d'au moins trois soldats tués durant l'attaque contre le palais présidentiel.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CDEAO) « regrette évidemment l’interruption du dialogue et condamne cette tentative de changement du pouvoir par des moyens anticonstitutionnels, par la violence », a déclaré Adrienne Diop, commissaire au Développement humain et au genre et porte-parole de l'organisation.

Mme Diop a rappelé la précédente condamnation, par l’organisation sous-régionale, du changement de la Constitution nigérienne et de la tenue du référendum en août 2009 par le président Tandja.

La CEDEAO avait suspendu le Niger pour transgression de la légalité constitutionnelle, à la suite du referendum controversé d'août dernier. Ce scrutin avait permis au président Mamadou Tandja de prolonger de trois ans son mandat présidentiel, qui devait expirer en décembre.

Le parlement nigérien et la cour constitutionnelle avaient déclaré que ce referendum était entaché d’illégalité. Les négociations menées par l’ancien président nigérian Abdulsalami Abubakar en vue d’une sortie de crise n’ont pas permis de débloquer la situation politique au Niger.

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