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Iran: le gouvernement intraitable face aux manifestations de l’opposition


Accentuant ses efforts pour réprimer l’opposition, le gouvernement iranien a arrêté des dizaines de journalistes, leaders politiques, étudiants et enseignants. Parallèlement, il a intensifié sa campagne médiatique pour discréditer les manifestants anti-gouvernementaux qui ont eu des accrochages avec les forces de sécurité dimanche.

Certaines des images de manifestants à travers le pays ont été montrées par la télévision iranienne dans le cadre de cette campagne médiatique, qui inclut des propos durs à l’encontre de l’Occident, et aussi de nouvelles arrestations d’opposants. Parmi ces derniers, on signale Nooshin Ebadi, la sœur du Prix Nobel Shirin Ebadi, ainsi que les journalistes Mohammed Javad Saberi, Badrosadat Mofidi, Nsrin Vaziri, Masha’allah Wa’essin et Keyvan Mehregan.

Le président du Parlement, Ali Larijani, a vivement critiqué les partisans de l’opposition, les qualifiant de « blasphémateurs et de contre-révolutionnaires ». Le Parlement, a-t-il dit, a demandé au « gouvernement, y compris le ministère de l’Intérieur , celui des services secrets et le système judiciaire d’arrêter les blasphémateurs en question, et d’envisager des sentences sans complaisance contre ces gens qui s’opposent à la révolution islamique. »

Ali Larijani a aussi laissé entendre que les récentes manifestations anti-gouvernementales ont été fomentées par les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux. Il a fustigé la déclaration faite lundi par le président Barack Obama, qui a dénoncé « la répression violente et injuste de citoyens iraniens innocents ». Pour M. Larijani, M. Obama devrait se préoccuper des « violations des droits de l’homme par les forces américaines à Guantanamo, en Afghanistan et en Irak ».

Il a aussi ridiculisé la proposition du sénateur John Kerry, président de la commission des affaires étrangères, qui veut visiter l’Iran. Selon M. Larijani, le sénateur Kerry a envoyé une requête écrite pour visiter l’Iran il y a quelque temps. Mais ne serait-il pas mieux, a-t-il dit, de mettre plutôt un terme à la politique des deux poids, deux mesures adoptée (toujours selon lui) contre l’Iran.

Le parlement iranien semblait à moitié-vide pendant le discours de son président. Mais les partisans « purs et durs » du gouvernement, présents dans la salle, ont scandé des slogans « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israel », et organisé sur place une marche de protestation contre l’Occident.

Mohammed Karamirad, membre de la Commission de la sécurité nationale, a demandé à la justice iranienne de « couper la main » de ceux qui sont derrière ces « actes séditieux » et défient les bases-mêmes du système.

Le ministre des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a spécifiquement accusé l’Occident, la Grande Bretagne en particulier, d’être l’instigateur des manifestations anti-gouvernementales « inacceptables, a-t-il poursuivi, dans n’importe quel autre pays ». Selon lui, les déclarations déplorables des Occidentaux ne font que prouver leur duplicité.

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