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Présidence d’Obama : un bilan mitigé en Europe et au Moyen-Orient


L’élection de Barack Obama en novembre 2008 avait été accueillie avec un grand enthousiasme pratiquement partout dans le monde. Pour la plupart des Européens, le nouveau président américain allait rétablir le partenariat transatlantique, œuvrer pour la paix et être le fer de lance de la lutte contre le réchauffement planétaire.

Pendant ce temps au Moyen Orient, l’espoir était qu’il allait se focaliser sur le règlement du conflit israélo-palestinien. Cet enthousiasme semble n’être plus le même, un an environ après l’investiture de M. Obama. Le président et sa femme Michelle étaient accueillis par des foules nombreuses partout où ils se présentaient. Dans une bonne partie de l’Europe, ils étaient traités comme des vedettes de la chanson.

“Je crois qu’il a convaincu que l’on peut, partout dans le monde, réaliser son rêvé », expllique Nina, étudiante au King’s College de Londres. « Toute son attitude (…) était aussi impressionnante. Et cela à un effet», dira de son côté Simone.

La promesse du président Obama de tendre la main au reste du monde a été très populaire, et lui a valu le Prix Nobel de la Paix – moins d’un an après son arrivée à la Maison Blanche.
Les Européens ont aimé « la tonalité » de son discours, mais ils voulaient aussi quelque chose de plus spécifique, a déclaré Tomas Valasek, responsable de la politique étrangère et des questions de défense au Centre pour la réforme européenne à Londres.

Après un an au pouvoir, la guerre en Irak touche à sa fin, mais la violence n’a pas totalement disparu du pays, qui est loin d’être stable. Et puis, les Etats-Unis s’apprêtent à envoyer d’autres renforts en Afghanistan et demandent à leurs partenaires de l’OTAN de faire la même chose.

L’Iran et la Corée du nord ne semblent pas vouloir renoncer à leurs ambitions nucléaires. Et à la Conférence de Copenhague sur le climat, les efforts faits pour forger une grande alliance contre le réchauffement planétaire n’ont pas abouti. « Il a soulevé beaucoup de question, évoqué beaucoup de problèmes, beaucoup de défis, et il ne semble capable d’en résoudre aucun », souligne Valasek.

Des sentiments similaires sont exprimés au Moyen-Orient. Le discours du président en juin à l’Université du Caire, dans une main tendue au monde musulman, avait été bien accueilli, et suscité des espoirs de paix, d’une nouvelle ère de paix.

Le professeur Hassan Nafae de l’université du Caire souligne que les gens espéraient qu’il y aurait un changement dans la politique des Etats-Unis. « Je faisais partie de ceux qui avaient entendu directement ce discours merveilleux. Mais je regrette de dire que maintenant les gens ont commencé à perdre un peu cet espoir que M. Obama pourra changer les choses, particulièrement en ce qui concerne le conflit israélo-arabe », a déclaré le professeur Nafae.

Ce conflit reste une question centrale. M. Obama a commencé par demander à Israël d’arrêter toutes les activités d’implantation juive en Cisjordanie pour relancer les négociations israélo-palestiniennes. Mais quand le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a refusé, M. Obama a apparemment reculé – en acceptant moins qu’un gel total.

Tomas Valasek, le politologue londonien, trouve que les gens attendaient peut-être un trop d’Obama. Après tout, il n’est au pouvoir que depuis un an environ. Et il a hérité de problèmes urgents, tels que la crise qui a menacé tout le système financier et économique mondial. Ce qui est certain, c’est que les gens à travers le monde continueront de suivre les actes et paroles d’Obama, et d’espérer le changement qu’il a promis.

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