Liens d'accessibilité

La Somalie recrute des soldats au Kenya pour lutter contre les insurgés


Un général somalien a affirmé que 1500 jeunes gens ont été recrutés par son gouvernement au Kenya et reçoivent actuellement une formation militaire dans ce pays. Cette déclaration contredit les précédents démentis du président somalien, Sharif Cheikh Ahmed, et des autorités kényanes. Un défenseur des droits humains a confirmé à la correspondante de La Voix de l’Amérique à Nairobi que le gouvernement kényan n’est pas seulement au courant de cette campagne d’enrôlements mais la facilite.

Jeudi, le commandant des forces armées somaliennes, le général Yusuf Dhumal, a expliqué devant la presse à Mogadiscio que la Somalie et le Kenya coopèrent pour recruter des soldats potentiels pour le gouvernement somalien dans le Nord-Est du Kenya. 1500 hommes ont été engagés pour lutter contre les rebelles islamistes et reçoivent actuellement une formation militaire dans des camps au Kenya dans le cadre de la stratégie du gouvernement somalien visant à bâtir une armée forte, a-t-il précisé.

Les insurgés shebab, liés à Al-Qaïda, tiennent toute la partie Sud du pays et mènent une vaste offensive depuis plusieurs mois pour renverser le gouvernement de transition somalien, soutenu à bout de bras par la communauté internationale et la force de paix de l'Union africaine (Amisom). Ces derniers mois, ils auraient également cherché à recruter des combattants dans le Nord-Est du Kenya.

Les populations locales, les organisations musulmanes kényanes et les organisations de défense des droits de l’homme ont unanimement condamné cette campagne de mobilisation. Human Rights Watch (HRW), une ONG basé à New-York, a indiqué que les recruteurs enrôlent des réfugiés somaliens dans trois camps de la région de Dadaab, qui accueillent 300 000 personnes, soit la concentration la plus importante de réfugiés au monde.

« On leur dit qu’ils seront très bien payés, raconte Letta Tayler, chercheur à HRW. Qu’ils se battront avec le soutien des forces onusiennes, américaines ou européennes. Mais, une fois qu’ils grimpent dans les camions, qu’ils sont lâchés dans le désert puis emmenés vers le Sud dans des camps d’entraînement près de Mombasa, l’histoire commence à changer. »

Selon l’association, les garçons de moins de 18 ans seraient pousser à mentir sur leur âge. Les médias somaliens rapportent également que des centaines de Somaliens emprisonnés en Lybie pour entrée illégale auraient été libérés afin de joindre l’armée.

XS
SM
MD
LG