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Guinée: la junte doit « de profondes excuses » au peuple, a fait savoir Washington


Les Etats-Unis ne cessent de s’indigner au sujet des sanglants événements du Stade du 28 Septembre à Conakry. Les auteurs de ces meurtres et viols contre les manifestants de la capitale guinéenne doivent être traduits en justice, a déclaré la secrétaire d’Etat américaine. La junte au pouvoir doit des excuses au peuple guinéen, estime Mme Hillary Clinton.

La secrétaire d’Etat Clinton a exprimé la position américaine lors d’une conférence de presse conjointe, mardi, en compagnie du chef de la diplomatie pakistanaise, Shah Mehmood Qureshi, à Washington. Elle s’est dite scandalisée et consternée par ce qu’elle a décrit comme étant le massacre indiscriminé et le viol des manifestants par les troupes gouvernementales dans le stade de Conakry.

Selon Mme Hillary Clinton, ces préoccupations ont été directement exprimées aux principaux responsables gouvernementaux de la Guinée par le secrétaire d’Etat-adjoint américain aux Affaires africaines, Johnie Carson. Ce dernier a clairement expliqué que les Etats-Unis entendent prendre « les mesures appropriées » contre la junte qui s’est emparé du pouvoir en Guinée en décembre dernier, a souligné la chef de la diplomatie américaine.

« Les dirigeants guinéens doivent de profondes excuses aux gens qui s’étaient rassemblés en vue de manifester pacifiquement contre le coup de force des militaires. Ils doivent non seulement des excuses verbales, mais aussi l’admission qu’ils ne peuvent pas demeurer au pouvoir, qu’ils doivent restituer au peuple le droit de choisir librement ses dirigeants », a déclaré la secrétaire d’Etat américaine.

Selon des organisations locales des droits de l’Homme, les soldats guinéens – y compris les éléments de la garde présidentielle du capitaine Camara – ont abattu au moins 157 personnes. Le gouvernement situe le bilan à moins d’un tiers de ce total.

Les manifestants ont fait état d’actes de violences contre eux, y compris des viols, violences et autres formes d’humiliation. Certains ont fourni des photos prises à l’aide leur téléphone cellulaire montrant ce qui semblait être des actes de violence des militaires contre les femmes.
Pour la secrétaire d’Etat américaine - qui, la semaine dernière, a mené les efforts au Conseil de sécurité pour condamner la violence contre les femmes et les filles en zone de conflit – les informations relatives aux violences sexuelles en Guinée sont particulièrement troublantes.

« Cela ne vous surprendra pas d’entendre que je suis particulièrement scandalisé par la violence contre les femmes, en plein jour, dans un stade. C’était la criminalité au plus haut degré. Et les auteurs de tels actes ne doivent aucunement avoir l’illusion qu’ils échapperont à la justice », a déclaré Mme Hillary Clinton, ajoutant qu’il ne saurait y avoir d’impunité et que des efforts doivent être déployés pour faire juger, dans les meilleurs délais, les cerveaux et les auteurs de ces meurtres et viols.

Le département d’Etat américain a appelé à un retour, dès que possible, à un régime civil en Guinée, demandant, par ailleurs, que les membres de la junte guinéenne s’en tiennent à leur promesse de ne pas se porter candidats aux prochaines élections.

De leur côté les Forces vives, qui regroupent les partis d’opposition, les syndicats et associations de la société civile posent de nombreux préalables à leur venue à Ouagadougou.

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