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Nouvelle initiative des dirigeants africains contre le paludisme


Cette Alliance des dirigeants africains contre le paludisme vise à maintenir ce fléau en tête des priorités des gouvernements, tout en simplifiant l’acquisition et la distribution des moyens de contrôle de la maladie, et des traitements. Le paludisme tue environ un million de personnes chaque année dans le monde, en majorité des enfants en Afrique Subsaharienne, affirment les Nations Unies (ONU).

Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à New York à l’occasion de l’Assemblée générale devraient annoncer cette alliance mercredi. L’américain Ray Chambers, émissaire spécial pour le paludisme du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en souligne l’importance.

« À moins que le leader de chaque pays africain où la maladie est endémique n’assume le leadership et la responsabilité de cet effort, je ne crois pas que nous puissions jamais réussir », a estimé M. Chambers.

En 2008, M. Ban s’était joint à l’Union africaine (UA) pour fixer un nouveau but, à savoir l’accès universel aux moyens de contrôle de la malaria dans tous les pays où elle est endémique d’ici au 31 décembre 2009. Mais ce but ne sera atteint, a fait valoir M. Chambers, que si l’on montre l’exemple aux plus hauts échelons du pouvoir.

« Ce qu’un certain nombre de ministres de la Santé nous ont dit, c’est qu’à moins que le président ou le Premier ministre de leurs pays ne fassent savoir aux populations et aux fonctionnaires de tous les niveaux qu’atteindre ce but est l’une des plus hautes priorités, ou la plus haute priorité du pays, alors, ce but ne sera probablement pas atteint » a expliqué M. Chambers.

D’où la création de cette nouvelle Alliance des dirigeants africains contre la malaria, dont le but sera de supprimer la mortalité due à cette maladie d’ici à 2015 en partageant les pratiques de contrôle efficaces et en renforçant le niveau d’alerte parmi les populations à risque.

On estime à environ 20% le pourcentage de femmes qui décèdent du paludisme lors de l’accouchement. On lui attribue également un quart de tous les décès d’enfants de moins de cinq ans. La maladie accapare jusqu’à 40% des dépenses dans le secteur de la santé et dans certains pays, près de 60% des malades soignés hors clinique souffrent du paludisme. Eliminer ce fléau permettrait aux gouvernements africains de réaliser des économies phénoménales, fait valoir M. Chambers vu qu’à n’importe quel moment, un travailleur sur quatre est absent parce qu’il souffre de la malaria.

Parmi les techniques les plus efficaces pour réduire les cas de paludisme : les moustiquaires imprégnées d’insecticides, dont la production a plus que triplé ces cinq dernières années. On est parvenu à les distribuer à plus de 40% des personnes à risque. Pour atteindre les autres, plus de 240 millions de moustiquaires ont été achetées et devraient être livrées d’ici au mois de décembre.

La lutte contre la malaria s’est vue attribuer des ressources substantielles ces dernières années. Lors d’un sommet à l’ONU en 2008, les donateurs s’étaient engagés à verser plus de trois milliards de dollars. Parmi eux : la fondation Bill et Melinda Gates, l’Initiative présidentielle contre la malaria du président américain, la Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.
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