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Vives réactions suite à la nouvelle sentence infligée à Aung San Suu Kyi


Les dirigeants de la junte birmane ont ordonné le maintien en résidence surveillée du chef de l’opposition Aung San Suu Kyi pour 18 mois de plus. Ils l’accusent d avoir violé une loi sur la sécurité intérieure en accueillant un activiste américain qui était entré dans sa propriété. Cette décision empêcherait Aung San Suu Kyi de se présenter aux élections prévues en 2010.

La sentence a été saluée par une vague d’indignation et de condamnations à travers le monde.

Les forces de sécurité birmanes avaient pris position autour de l’établissement pénitentiaire de Rangoon au moment où le verdict était énoncé. Le tribunal a condamné le Prix Nobel de la paix (1991) à trois ans de réclusion. Le ministre de l’intérieur a ensuite annoncé que le chef de la junte, le général Than Shwe, a ordonné que la peine soit commuée en un an et demi d’assignation à résidence ; preuve, si besoin en était, du rôle prépondérant joué par la junte à tous les niveaux de la vie publique birmane.

Aujourd’hui âgée de 64 ans, Mme Aung San Suu Kyi a été jetée en prison pour violation des contraintes liées à son assignation à résidence au mois de mai. L’Américain John Yettaw avait gagné à l’époque, à la nage, le domicile d’Aung San Su Kyi, où il a passé deux jours en sa compagnie. Peu après la condamnation, l’opposante birmane a été ramenée chez elle. D’aucuns pensent que le dossier d’accusation a été monté de toutes pièces et que la sanction qui la frappe vise avant tout à l’empêcher de participer aux élections prévues l’an prochain. C’est le cas de Debbie Stothard, la coordonnatrice du Réseau alternatif asiatique sur la Birmanie (« The Alternative ASEAN Network on Burma », ou Altsean-Burma), basé à Bangkok.

« La pression internationale a obligé la junte à alléger la sentence, mais cela ne change pas le fait que Mme Aung San Suu Kyi a été injustement emprisonnée pendant plus de 14 ans déjà » a déclaré la responsable.

Dans un communiqué publié mardi, le premier ministre britannique Gordon Brown s’est dit attristé et révolté par la sentence infligée à l’opposante birmane. Il s’agit selon lui d’une mesure purement politique. L’Union européenne, l’Australie et la France ont également condamné la sentence. Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a vivement déploré ce qui est arrivé. Pour sa part, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a déclaré mardi que Mme Aung San Suu Kyi n’aurait pas dû être jugée. La présidence de l’Union européenne a, de son côté, estimé que le jugement de l’opposante birmane n’a tenu compte ni du droit national, ni du droit international.

Rappelons que son parti, la Ligue nationale pour la démocratie en Birmanie, avait remporté l’élection de 1990, mais la junte militaire avait refusé de la laisser gouverner. Les quotidiens d’État ont mis en garde les partisans du prix Nobel de la paix contre toute atteinte à l’ordre public, tout en précisant les conditions à remplir pour prendre à part à une élection relèvent du domaine de la loi. Pour le secrétaire de l’Association d’assistance aux prisonniers politiques, Bo Kyi, la sentence qui frappe Aung San Su Kyi pourrait provoquer des émeutes.

« Il faut s’attendre », dit-il « à des pressions internes. Beaucoup en Birmanie sont vraiment furieux et cherchent à exprimer leur mécontentement. C’est pourquoi la junte militaire a peur des mouvements de masse », ajoute-t-il.

Les forces de sécurités avaient violemment réprimé en septembre 2007 des manifestations hostiles à la junte militaire birmane.

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