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Affaire William Jefferson : l’ex-député de Louisiane attend de connaître sa peine de réclusion


Épilogue cette semaine de la saga de l’ancien représentant démocrate de la Louisiane au Congrès, William Jefferson, qui a été reconnu coupable mercredi de 11 chefs d'inculpation pour corruption et blanchiment d'argent, quatre ans après que les enquêteurs eurent découvert $90.000 dans son congélateur.

Le procès du démocrate, âgé de 62 ans, s’est déroulé dans la banlieue de la capital américaine, en Virginie. Il avait été accusé en 2007 d’avoir sollicité des centaines de milliers de dollars de pots-de-vin auprès d'entreprises auxquelles il proposait de jouer le rôle d'intermédiaire dans des accords entre les secteurs privé et public dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. En tant que vice-président de l’« Africa Investment and Trade Caucus », un comité sur les investissements et le commerce en Afrique du Congrès américain, Jefferson avait facilité des accords au Nigéria, Ghana, Cameroun et divers autres pays africains.

Lors d'une perquisition à son domicile, la police fédérale, le FBI, avait découvert un congélateur bourré de billets de banque. Avant son arrestation, il avait également été filmé en train d’accepter $100.000 sous forme de billets de banque d’un témoin envoyé par les autorités. Mais ce qui avait surtout mis en émoi la classe politique, c’était le raid perpétré par les agents du FBI dans son bureau au Congrès, à Capitol Hill.

Ce raid sera finalement fustigé par la justice américaine,donnant raison aux dirigeants du Congrès qui ont estimé que de telles intrusions donnent à l’exécutif un accès indu à des documents et du matériel de la législature protégés par la Constitution, du fait de la séparation des pouvoirs. Résultat : les prérogatives des parlementaires sont aujourd’hui mieux protégées ; ce qui, selon certains experts, rend les enquêtes sur des méfaits présumés de membres du Congrès d’autant plus difficiles.

Jefferson, qui avait représenté la Louisiane au Congrès pendant 18 ans avant de perdre la dernière élection en 2008, encourt plus de 100 ans de réclusion. Sa circonscription couvrait une bonne partie de La Nouvelle-Orléans.

Son avocat avait fait valoir que Jefferson n’était pas coupable d’avoir accepté des pots-de-vin puisqu’il avait agi à titre privé, en tant que conseiller commercial. Des arguments qui n’ont pas convaincu le jury.


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