Liens d'accessibilité

Nigeria : le président Yar’Adua prolonge son offre d’amnistie au 4 octobre


Les militants du delta du Niger ont jusqu’au 4 octobre pour déposer les armes en échange d’une amnistie et d’une grâce totales, a fait savoir le président Umaru Yar’Adua. Cette amnistie est offerte à toutes les personnes ayant pris part directement ou indirectement à la campagne de violence contre les installations pétrolières et gazières du delta du Niger, a-t-il précisé.

Le président nigérian est arrivé au pouvoir, en 2007, en promettant de ramener la paix dans le delta du Niger. « Je réitère ici notre engagement à accorder l’amnistie aux militants disposés à déposer les armes et à redevenir des citoyens respectueux de l’Etat de droit. J’invite les militants à saisir l’occasion pour déposer les armes et mettre fin aux actes de désobéissance civile », a-t-il déclaré.

M. Yar'adua a chaleureusement accueilli les informations selon lesquelles un leader de premier plan du Delta du Niger, Akete Tom, se dit prêt pour l’amnistie proposée par le gouvernement. « Je pense, dit-il, que plus y en aura qui feront autant, mieux ce sera pour nous, parce que la tâche du détachement militaire combiné s’en trouvera allégée. Et les bonnes intentions du gouvernement pourront se traduire dans les faits », a souliné, pour sa part, le ministre nigérian de la défense, Shetimma Mustapha.

Les délégués des mouvements dissidents et de hauts responsables fédéraux se sont penchés sur les détails du programme d’amnistie. Le général à la retraite Godwin Abbé, ministre fédéral de l’Intérieur, préside la commission ad hoc chargée de l’amnistie. « Nous sommes convaincus que les recommandations du rapport fourniront un cadre global de règlement des questions de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-miliciens », a-t-il déclaré.

D’autres chefs de milices ont été enthousiasmés par l’offre du gouvernement mais doutent de sa sincérité, en raison de l’intensification de l’offensive des forces armées nationales dans la région. « L’amnistie c’est bien, encore faut-il qu’il s’agisse d’une entreprise honnête», a déclaré l’écrivain nigérian Edward Oforome, en déplorant qu’on parle d’amnistie et, le lendemain, « on entend des bruits de bottes. » Le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), principal groupe rebelle du delta, avait rejeté les deux précédentes offres du président Yar'Ardua. Il dit attendre d'en savoir plus ayu sujet de la dernière initiative avant d'y répondre.

Pour rappel, les attaques contre les installations pétrolières et les personnes qui y travaillent ont réduit la production nigériane de 20 % depuis début 2006. Certains habitants du Delta du Niger ont exprimé leur soutien au programme d’amnistie, mais la plupart d’entre eux estiment que le gouvernement nigérian doit résoudre les problèmes qui se posent à leur région.

« L’amnistie, c’est une bonne idée arrivée au bon moment, confie-t-il. Mais le gouvernement fédéral devrait s’attacher à alléger les souffrances des populations autochtones, et veiller à l’adoucissement de leurs conditions de vie », souligne l’écrivain Paul Ogbeche, qui vit à Warri.

XS
SM
MD
LG