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Les céréales vivaces pourraient aider à lutter contre la faim


La plupart des cultures vivrières arrivent à maturité et meurent en l’espace d’une année et se reproduisent par ensemencement. Après la moisson, la terre nue est facilement érodée par le vent et l’eau, d’où la perte de couches arables. Les scientifiques cherchent donc à développer des variétés vivaces des cultures actuelles comme le blé. Parmi ces chercheurs : une équipe de l’université d’État du Michigan ici aux États-Unis.

« Nous avons six variétés de blé vivace » affirme le Dr. Sieg Snapp de l’université d’État du Michigan. Certes, on dirait de l’herbe vulgaire, mais le miracle », explique la scientifique, « c’est qu’il s’agit de blé qui a déjà été récolté, mais qui repousse, grâce à un réseau de racines très profondes ».

Là est toute la différence avec les espèces qui ne survivent pas à l’hiver, ajoute-t-elle. « Les racines de récoltes traditionnelles de blé annuel atteignent d'habitude entre 30 et 60 cm. Les systèmes radiculaires peuvent plonger jusqu’à 1.80 mètres. Ils peuvent utiliser l’engrais plus efficacement, donc ils peuvent le ramasser en profondeur et le remonter où nous le voulons, dans le grain » explique le professeur Snapp.

Parmi les autres avantages des plantes vivaces : les agriculteurs n’auraient plus à planter leurs champs chaque année, ce qui stabiliserait les sols, empêcherait l’érosion et économiserait le carburant et les engrais. Les systèmes radiculaires des plantes vivaces étant plus développés, ils puisent l’eau plus profondément dans le sol, et sont donc mieux à même de supporter la sécheresse. Ces racines aident aussi à réhabiliter le sol et absorbent le CO2 de l’atmosphère durant toute l’année. Elles emprisonnent également davantage de nutriments et résistent mieux aux maladies – qualités que les variétés cultivées ont perdues. Ces cultures nécessiteraient donc moins de produits chimiques artificiels. Bref, les économies potentielles sont énormes, font valoir les chercheurs. Et de surcroit, il se pourrait même que les herbes et tiges de blé de reste après la récolte puisent servir à nourrir du bétail tel que les moutons ou les chèvres.

Certains scientifiques ont l’intention d’accélérer les choses en s’appuyant sur des modifications génétiques, mais la plupart utilisent les croisements traditionnels entre plantes.

La question reste de savoir si les consommateurs mangeront-ils des grains de plantes vivaces, une fois qu’ils arrivent sur le marché. Les trouveront-ils à leur goût? « Les gens mangeront-ils le blé perpétuel ? » s’interroge un autre professeur et agriculteur du Michigan, John Edgerton.

Sa collègue, la professeur Snapp, dit avoir gouté un petit gâteau fabriqué avec du blé vivace, qu’elle a trouvé bon, avec un petit goût de noix. Tous deux admettent qu’un jour, une fois que les chercheurs auront démontré que les blés vivaces sont utilisables à grande échelle, il faudra encore que des sociétés commeKellogg, leader mondial des céréales pour le petit-déjeuner, procèdent à des essais à grande échelle de produits à base de ces blés pour assurer leur adoption par les consommateurs.

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