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Obama compte toujours fermer Guantanamo


Le président Barack Obama a de nouveau défendu sa décision de fermer le centre de détention des suspects de terrorisme de Guantanamo Bay, à Cuba. Dans un discours ce jeudi, à Washington, le chef de l’exécutif américain s’est dit convaincu que la fermeture de cette prison militaire ne va pas compromettre la sécurité des États-Unis.

M. Obama reconnait que les États-Unis sont confrontés à un grave danger de terrorisme. Mais au lieu de renforcer la sécurité des Américains, la prison de Guantanamo n’a fait qu’affaiblir l’autorité morale des États-Unis, estime le chef de l’exécutif. D’où sa détermination de mener à bien son projet de fermer ce centre de détention d’ici à janvier 2010, en dépit de l’opposition du Congrès et des doutes exprimés par les experts. Cette mission sera difficile et complexe, a jugé le patron de la Maison-Blanche.

« Nous sommes en train de mettre de l’ordre dans quelque chose qui était une vraie pagaille », a souligné M. Obama, en notant que trois suspects de terrorisme seulement, sur les centaines de détenus à Guantanamo, ont été jugés par les tribunaux américains d’exception en 7 ans.

Le chef de l’exécutif admet qu’il n’y a pas de solutions toutes trouvées pour fermer Guantanamo. Mais pas question de pratiquer la politique de l’autruche, a-t-il dit.

« Je peux vous assurer que la mauvaise réponse serait de prétendre que le problème va disparaitre si on maintient un statu quo insoutenable. En tant que président, je refuse de laisser cette situation continuer à pourrir », a dit le chef de l’exécutif.

Le président compte poursuivre ses efforts malgré le « non » catégorique des deux chambres du Congrès à sa requête en faveur des fonds nécessaires pour fermer Guantanamo. Les parlementaires de son parti et de l’opposition républicaine sont particulièrement opposés à l’envoi possible aux États-Unis des suspects de terrorisme détenus dans la base américaine. Cela ne se produira pas, a dit M. Obama.

« Nous n’allons libérer personne qui pourrait compromettre notre sécurité nationale… et nous ne relâcherons aux États-Unis personne qui pourrait mettre en danger la sécurité des Américains », a affirmé le président.

Pour le chef de l’exécutif, Washington a tourné la page du chapitre Guantanamo. Les États-Unis comptent désormais lutter contre le terrorisme en respectant leurs valeurs fondamentales de respect de la personne humaine et des libertés.

Mais dans une allocution peu après le discours de M. Obama, l’ex-vice-président Dick Cheney, un des principaux architectes de la création de la prison de Guantanamo sous l’administration Bush, a réitéré ses attaques contre le président Obama sur ce dossier.« C’est très facile pour l’administration Obama de se faire applaudir par l’Europe au sujet de la fermeture de Guantanamo. Mais c’est plus compliqué pour elle de trouver une alternative qui sert les intérêts de la justice et la sécurité nationale des États-Unis », a affirmé l’ex-vice-président.

Selon Dick Cheney, la prison de Guantanamo et les méthodes musclées d’interrogatoire des suspects de terrorisme interdites par le président Obama ont aidé à protéger les États-Unis après les attaques terroristes du 11 septembre 2001.

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