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Etats-Unis : le président Obama compte rétablir les commissions militaires pour les suspects de Guantanamo


L’administration Obama a décidé, à son tour, de faire recours aux commissions militaires pour juger les suspects de terrorisme détenus à Guantanamo Bay. Dans un communiqué publié aujourd’hui, le président Obama dit que les Etats-Unis utilisent depuis longtemps ces commissions et qu’elles sont tout-à-fait appropriées pour juger les ennemis qui violent les lois de la guerre.

Toutefois, certaines conditions sont requises au niveau de leur structure et de leur gestion, estime le chef de l’exécutif américain. Barack Obama précise que dans le nouveau système, les informations obtenues par le biais de méthodes dégradantes, cruelles et inhumaines ne seront plus acceptées comme pièces à conviction. L’utilisation de renseignements collectés par personnes interposées sera également interdite.

Par ailleurs, les accusés pourront choisir eux-mêmes leur équipe de défense. Des mesures de protection seront également mises en place pour les détenus qui refusent de témoigner devant les commissions. L’objectif est de permettre aux accusés de bénéficier, dans la mesure du possible, d’un procès juste et équitable.

Cependant, les organisations de défense des droits de l’Homme accusent le président Obama de violer sa promesse de mettre fin au système de justice militaire établi par la précédente administration à l’intention des suspects de terrorisme détenus à Guantanamo. Barack Obama avait qualifié ces tribunaux d’exception de système judiciaire inéquitable pendant sa campagne électorale. Et il en avait suspendu l’utilisation peu après son accession à la présidence.

Le chef de l’exécutif a finalement tranché en faveur des commissions militaires, nouvelle formule. Cette décision risque de susciter une forte opposition de l’aile gauche de son parti, le parti démocrate, et des groupes de défense des droits de l’Homme. Il reste environ 240 suspects de terrorisme en prison dans la base américaine de Guantanamo Bay à Cuba. Le président Obama s’est engagé à fermer cette prison d’ici à janvier 2010.

Les autorités américaines ont procédé, aujourd'hui, à la libération d’un Algérien détenu à Guantanamo depuis 2002. Elles ont envoyé Lakdar Boumédiene en France pour y retrouver sa famille. Boumédiène a fait l’objet d’une décision de la Cour suprême américaine datant de 2008, qui a donné aux suspects de terrorisme incarcérés à Guantanamo le droit de contester en justice leur détention.

En novembre dernier, un tribunal a statué que le gouvernement américain n’avait pas prouvé que Lakdar Boumédiène et ses quatre co-accusés, des Algériens de Bosnie, comptaient se rendre en Afghanistan pour y combattre les forces américaines quand ils ont été arrêtés en Bosnie et transférés à Guantanamo en 2002.

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