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Etats-Unis : nouvelle controverse au sujet des techniques d’interrogatoire musclé


Les dernières déclarations du président Barack Obama laissant la porte ouverte à de possibles poursuites judiciaires contre les officiels de l’ex-administration Bush en rapport avec les méthodes d’interrogatoire musclé des suspects de terrorisme suscitent un vif débat aux Etats-Unis.

Plusieurs anciens responsables de la précédente administration pourraient être visés par de telles poursuites. C’est le cas de Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense sous l’administration Bush, qui a officiellement approuvé l’utilisation de 15 techniques brutales d’interrogation à la base de Guantanamo Bay à Cuba, fin 2002. Les forces spéciales américaines en Afghanistan et en Irak s’en sont inspirées dans le cadre de leurs opérations.

D’où l’annonce par le président Obama, la semaine dernière, que son administration ne poursuivrait pas en justice les simples exécutants, qui n’ont fait que suivre les instructions de leurs chefs hiérarchiques. Mais le chef de l’exécutif a précisé, ce mardi, que les responsables à l’origine des recommandations sur les techniques controversées pourraient être traduits en justice.

« Cette décision relève davantage de l’Attorney General ou ministre de la justice, dans le cadre des paramètres définis par plusieurs lois. Je ne veux pas porter de jugement prématuré à ce sujet », a toutefois souligné le président Obama. Ces propos suscitent des protestations de la part des supporters de l’ex-administration Bush selon lesquels les techniques d’interrogatoire musclé ont aidé à prévenir des attaques anti-américaines.

Les intéressés évoquent, à ce propos, les déclarations de l’ancien vice-président Dick Cheney à la télévision lundi sur l’efficacité de ces méthodes. « Je suis au courant de rapports spécifiques, que j’ai lus ou que j’ai vus, qui indiquent clairement ce que nous avons appris grâce au processus d’interrogatoire et les retombées pour notre pays », a affirmé l’ex-numéro 2 de l’administration Bush. Dick Cheney dit avoir demandé à la CIA, les services secrets américains, de rendre publics des documents relatifs à ces succès « pour promouvoir un débat honnête dans le pays sur la question.»

Mais les organisations de défense des droits humains ne l’entendent pas de cette oreille. Elles réclament l’ouverture d’enquêtes sur la politique anti-terroriste de l’administration Bush et des poursuites en justice contre les responsables qui auraient préconisé l’usage de la torture.

Le président Obama dit craindre la politisation d’un tel processus. Il se dit convaincu que les Etats-Unis doivent regarder résolument vers l’avenir et non pas ressasser le passé.

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